Une nouvelle étude révèle les étonnantes propriétés acoustiques de Stonehenge

Des chercheurs britanniques démontrent que l’agencement particulier des pierres du célèbre sanctuaire préhistorique aurait pour but des effets acoustiques bien précis : il amplifierait les sons à l'intérieur du cercle tout en les rendant inaudibles de l'extérieur.

Une nouvelle étude révèle les étonnantes propriétés acoustiques de Stonehenge
Le Stonehenge, © Getty / Richard T. Nowitz

Le célèbre sanctuaire préhistorique Stonehenge en Grande-Bretagne aurait-il entendu résonner de la musique entre ses pierres ? Impossible de l'affirmer avec certitude, et la fonction précise de cet édifice de 5000 ans reste encore un mystère. Mais plusieurs études semblent aller dans ce sens. Après des révélations sur les propriétés musicales des pierres bleues qui feraient de Stonehenge un litophone géant, une nouvelle étude publiée dans l'édition d'octobre du Journal of Archaeological Science, démontre que l’agencement particulier de 157 pierres qui le composaient dans sa dernière phase de construction, vers 2 200 avant notre ère, aurait pour but des effets acoustiques bien précis. Ainsi, pour toute personne se tenant debout à l'intérieur du cercle, la voix et la musique jouée aurait été amplifiée, alors qu'elle serait quasiment inaudible de l'extérieur, même pour les personnes situées tout près. 

C'est en tous cas ce qu'ont pu constater l'archéologue Susan Greaney et les acousticiens Trevor Cox et Bruno Fazenda de l'Université de Salford, en se servant d'une maquette à l'échelle 1:12 surnommée 'Minihenge'. Ils ont notamment observé la réverbération du son à l'intérieur de l'édifice : « A notre grande surprise, malgré le fait qu'il n'y ait pas de toit et qu'il y ait des cavités entre les pierres, la réverbération du son se propage de manière horizontale, effet qui amplifiait le son à l'intérieur du cercle tout en empêchant l’écho à l'extérieur. En même temps, les sons produits à l'extérieur ne pouvaient pas non plus pénétrer à l’intérieur du cercle. » 

Même s'il est impossible de savoir quel genre de rites, cérémonies ou activités ont pu avoir lieu à Stonehenge au Néolithique, les résultats de l'étude suggèrent qu'ils étaient réservés à une assistance relativement peu nombreuse et réunie à l'intérieur du cercle. Et la musique n'est pas exclue : selon certaines sources, les flûtes en bois et en os, les cornes d'animaux ou des tambours auraient été utilisés en Bretagne néolithique. Ainsi un exemple de flûte fabriquée en os crânien et datée de l'Age de bronze a-t-elle été retrouvée sur le site archéologique à Wilsford, au sud de Stonehenge.