La pratique musicale améliore les interactions sociales des enfants autistes selon des chercheurs

Dans une récente étude, les chercheurs de l’Université de Montréal et de l’Université McGill ont démontré que la pratique musicale améliore la connectivité des régions cérébrales impliquées dans les interactions sociales des enfants autistes. Décryptage.

La pratique musicale améliore les interactions sociales des enfants autistes selon des chercheurs
La pratique musicale améliore la communication sociale des enfants autistes, © Getty / Ricardo DeAratanha

Les affinités des personnes autistes pour la musique, qui ont d'ailleurs souvent de grandes facilités à la pratiquer, sont un fait avéré depuis pratiquement 70 ans et les premières descriptions de ce trouble. Il en est de même avec la musicothérapie, dont les effets bénéfiques dans la prise en charge de ces patients sont constatés dès les années 1960. Mais depuis quelques années, grâce à  la neuroimagerie, les recherches se multiplient afin de mieux comprendre l'impact de la musique sur le cerveau des autistes.

Ainsi, dans une récente étude clinique publiée dans la revue  Translational Psychiatry et menée par les équipes de l’Université de Montréal et de l’Université McGill, des chercheurs ont démontré que la pratique du chant, ou de l’instrument, dans le cadre de la thérapie individuelle améliore les interactions sociales des enfants atteints de troubles autistiques. Les chercheurs expliquent cette amélioration par les modifications de l’activité cérébrale de ces enfants, des modifications attestées après l’expérience par les clichés de l'IRM (l'imagerie par résonance magnétique) .

Une amélioration de la communication

Pendant trois mois, 51 enfants de 6 à 12 ans ont suivi une thérapie basée sur la pratique musicale de 45 minutes. A l’issue de cette période, les parents des enfants, impliqués dans l’étude, ont constaté une amélioration dans la communication, et par conséquent dans la vie familiale, par rapport à un deuxième groupe qui lui a suivi une prise en charge basée sur le jeu qui n’incluait pas la musique.

Ces résultats ont été ensuite mis en perspective avec les images de l’IRM, réalisées avant et après l’expérience.  Les images ont montré une meilleure connectivité entre les régions motrices et auditives du cerveau qui sont, selon Megha Sharda, postdoctorante à Université de Montréal et initiatrice de l’étude, les régions principales impliquées dans les interactions sociales. 

Il s'agit de la première étude qui établit un lien de cause à effet entre la pratique musicale des enfants autistes, les modifications dans la connectivité cérébrale et l'amélioration de leurs interactions sociales. « Ce qui est le plus important pour nous dans ces résultats, nous a expliqué Megha Sharda par téléphone, c'est que la musique est universelle et facilement accessible. De plus, dans notre recherche, les résultats positifs ont été observés même sur une période d'intervention courte . Par conséquent, la musique peut être facilement appliquée pour des fins thérapeutiques en mobilisant très peu de moyens et dans les situations aussi diverses que l'école ou la maison, quelle que soit la spécificité de l'enfant sur le spectre autistique », a affirmé la chercheuse.