La BD se met au solfège !

Mis à jour le lundi 03 février 2020 à 17h43

C'est son expérience de professeur de formation musicale qui lui a mis la puce à l'oreille : et si la théorie musicale se lisait comme une bande dessinée ? Rencontre avec Michel Lacombe, auteur de "La théorie musicale en BD", premier manuel où les notions de musique ont des bulles.

La BD se met au solfège !
La théorie musicale en BD, © Michel Lacombe

Sa Théorie musicale en BD en est à sa deuxième édition, et il prépare également La musique, un jeux d’enfant, manuel qui aborde plus particulièrement la lecture de notes et le rythme. Professeur de formation musicale à l'Ecole de musique associative et au Conservatoire de Brive-la-Gaillarde depuis plus de vingt ans, Michel Lacombe a mis son talent de dessinateur au service de la théorie musicale. Les notes de la gamme, les clés, les intervalles ou les tonalités, toutes ces notions sont abordées à travers des histoires, des personnages ou des situations traduites en BD. Rencontre.

France Musique : Comment avez-vous eu l'idée de traduire la théorie musicale en BD ?

Michel Lacombe : Je suis DUMIste de formation. J'ai été formé à Toulouse, où j'ai rencontré plusieurs personnes, entre autre Didier Grojsman de la CREA d'Aulnay-sous-Bois, qui m'ont fait réfléchir différemment sur la manière d'enseigner la musique. Une manière plus vivante, plus ludique. Quand j'ai commencé à enseigner la formation musicale, je me suis vite rendu compte que les méthodes traditionnelles basées sur l'apprentissage par cœur des notions totalement abstraites, ne marchent plus avec les enfants. Ils mémorisaient difficilement les notions, ne les comprenaient pas, et forcément se désintéressaient progressivement de la matière. Il fallait trouver du sens à ce qui n'en a aucun aux yeux des enfants.

Et vous avez pensé au dessin ?

Oui, mais pas au dessin décoratif, qui est maintenant présent dans toutes les méthodes d'apprentissage de la musique. J'ai voulu un dessin qui créerait tout un imaginaire autour des notions de la théorie musicale. Des personnages, des situations, des histoires et des jeux à travers desquelles les enfants peuvent visualiser une notion théorique. Et qui rajoute une touche d'humour et de légèreté à l'apprentissage.

Par exemple, prenons la lecture des notes au-dessus ou en-dessous de la portée : les enfants mélangent régulièrement le 'do' en dessous de la portée et le 'la' au dessus en clé de sol. Or, lorsqu'on associe au premier un personnage de pêcheur et au deuxième un équilibriste, les choses deviennent automatiquement plus claires. Ainsi une image est associée à une notion abstraite, et les élèves la retiennent plus facilement. 

La théorie musicale en BD
La théorie musicale en BD, © Michel Lacombe

A qui votre Théorie musicale s'adresse-t-elle ?

Elle aborde les notions théoriques de base du premier cycle de conservatoire. Pour sélectionner la matière que j'ai abordé, j'ai tout simplement pris mon programme et je l'ai suivi. J'y aborde les nuances, la notion de vitesse, les intervalles, les altérations, le chiffrage, les tonalités, l’enharmonie, la constitution des accords et leur renversement...ainsi que les débuts avec l'écriture des notes, la mesure, le rythme, bien sur.

La Théorie musicale en BD
La Théorie musicale en BD, © Michel Lacombe

Votre manuel peut-il être utilisé comme base de l'enseignement de formation musicale ?

Au conservatoire où j'enseigne, je l'utilise en complément des manuels habituellement utilisés en formation musicale. Mais je pense qu'il peut être utilisé tout seul. 

Comment l'utilisez-vous en classe ?

Je l'utilise pour expliquer une notion musicale, et ensuite je passe à l'étape de la manipulation. J'ai créé des jeux qui accompagnent différents chapitres et qui permettent aux élèves de manipuler certaines notions, de la répéter tout en s'amusant, et ils finissent par l'intégrer. J'ai remarqué que grâce à cette démarche, la répétition, qui est à la base de tout apprentissage, n'est plus ennuyeuse pour les élèves. A force de déplacer eux -  mêmes des personnages sur la portée, ils apprennent très bien où se situent les notes, par exemple. Résultat : je n'ai plus de mauvais lecteurs, et on rigole beaucoup.

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