Inscriptions au conservatoire : mode d’emploi

Chaque année, nombreux sont ceux à vouloir s'inscrire au conservatoire. Mais les démarches relèvent parfois du parcours du combattant... pour vous y préparer, suivez le guide !

Inscriptions au conservatoire : mode d’emploi
Inscriptions au conservatoire : ne manquez pas le coche , © Getty / Thomas Trutschel

Votre enfant rêve de devenir harpiste ? Vous en avez marre de chanter seul sous la douche ? La décision est prise : dès la rentrée, vous franchirez pour la première fois la porte du conservatoire de votre commune. Vous ne savez pas bien comment vous y prendre ? Petit mode d'emploi de l'inscription en conservatoire...

Le conservatoire, qu’est-ce que c’est ?

Non, les professeurs de piano ne corrigent pas leurs élèves en baissant violemment le couvercle de l'instrument sur leurs doigts, comme dans le film La Pianiste de Michael Haneke. Au contraire, les équipes enseignantes font tout pour rendre la matière musicale accessible et attractive. Les cursus sont organisés autour de l'apprentissage d'un instrument, du chant, de la danse ou du théâtre.

« Le temps où les conservatoires restaient repliés sur eux-mêmes est dépassé », explique Pierre Gallier, directeur adjoint du CRR de Nantes. « Depuis les années 1980, ils n’ont eu de cesse de s’ouvrir aux politiques des territoires : pratiques amateurs, interventions dans les écoles et accompagnement des élèves des quartiers défavorisés vont de pair avec un enseignement spécialisé. »

Qu'est-ce que l'on y apprend ?

Qu’ils soient à rayonnement régional (CRR), départemental (CRD) ou communal/intercommunal, les conservatoires en France dispensent des enseignements en musique, en art dramatique ou en danse, tous ne proposant pas les trois disciplines. Concernant la musique, les enseignements sont articulés autour de trois axes : la formation musicale (formation en théorie musicale et formation de l’oreille, autrement dit, le solfège), l’instrument ou le chant, et les pratiques collectives.

Le cursus s’organise en trois cycles. Chaque cycle dure en moyenne quatre ans mais peut s'adapter au rythme de chaque élève. Une évaluation en continu permet de suivre ses progrès, et à la fin d’un cycle, le passage devant le jury interne décidera de sa capacité à intégrer le cycle suivant.

Des auditions publiques sont régulièrement organisées, permettant aux élèves de se produire sur scène dès leurs premières années d'apprentissage. Les projets des enseignants, eux, varient en fonction de l’établissement : mise en place de concerts hors les murs en soliste, en formations de musique de chambre, ou en collectif avec chorale ou orchestre. Des projets scéniques peuvent également être organisés, incluant danseurs et comédiens. Pour un élève, débutant ou non, se produire devant ses proches est une source précieuse de motivation.

Une critique revient souvent concernant l'enseignement en conservatoire : « On y fait trop de solfège ». En effet, le système français prévoit l’entrée en apprentissage de la musique par la formation musicale : une heure par semaine en première année, tandis que seulement 20 et 30 minutes hebdomadaires sont consacrées au travail de l’instrument. Mais il faut savoir que la formation musicale ne se résume pas à la dictée ou au déchiffrage. De nombreux projets pédagogiques innovants permettent une participation plus active de l’élève, comme au CRR de Nantes, par exemple, où l'accent est mis sur les pratiques collectives, ou au CRR de Vincennes, où la formation musicale d'après la pédagogie Dalcroze met le solfège en lien avec l’expression corporelle.

Enfin, il n’y a pas que le répertoire classique qui est enseigné en conservatoire. La MAO (Musique Assistée par Ordinateur), les percussions traditionnelles, l’improvisation ou la pop se sont fait également une place aux côtés du répertoire classique et jazz.

Qui peut s’inscrire ?

Pour les enfants, la plupart des conservatoires ouvrent leurs classes à partir de 6 ou 7 ans, soit l'année d'entrée en CP. Il s'agit d'une période d'initiation, réservée à la découverte de la musique ainsi qu'à l’acquisition des premières notions de solfège. Selon le conservatoire, le projet pédagogique varie, mais très souvent l’enfant suit un cours hebdomadaire de formation musicale et plusieurs cycles de découverte de différents instruments répartis sur l’année scolaire. Cette première année permet à l'enfant de définir ses affinités avec tel ou tel groupe d’instruments, afin de choisir celui dont il débutera l'apprentissage.

Quelques établissements, comme le CRR de Lille, proposent aussi des cours d’éveil musical pour les élèves en maternelle. Renseignez-vous au plus vite auprès du conservatoire de votre commune, les places pour ce type d’enseignement sont très demandées.

Pour les adultes, les conservatoires proposent un cursus spécifique, articulé autour des pratiques collectives ou des pratiques vocales. Le CRR de Nantes inaugure ainsi à partir de la rentrée 2017 un projet innovant : proposer aux musiciens amateurs nantais de se mettre en réseau pour faire de la musique ensemble, avec des lieux de répétition à leur disposition et un accompagnement ponctuel par les équipes enseignantes.

Pour les élèves porteurs d’un handicap, la Loi de Février 2005 sur l’égalité des droits et des chances garantit l’accès à l'enseignement musical pour tout élève porteur de handicap. Dans la pratique, cependant, cet accès n’est pas toujours évident à mettre en place. N'hésitez pas à pousser la porte du conservatoire de votre quartier : de nombreux établissements trouvent des solutions pour inclure l’accueil des enfants porteurs de handicap dans leur projet d’établissement.

Comment choisir son instrument ?

Le choix de l’instrument se fait en fonction des places disponibles et des affinités de l’élève, le plus souvent après une année de découverte. Pour éviter la saturation des classes d'instrument les plus prisées (piano-flûte-guitare), de nombreux conservatoires proposent une initiation à des instruments moins connus ou demandés. Le conservatoire de Charenton le Pont (Val de Marne), par exemple, on fait essayer aux jeunes élèves le hautbois, le trombone, le contrebasse ou le luth.

Le choix de l’instrument n’est pas irréversible : on a le droit de changer d’avis ! De même que rejoindre la classe d'un instrument que l'on n'avait pas forcément choisi peut révéler des passions !

Quand faut-il s’inscrire ?

N’attendez pas la rentrée prochaine pour vous rendre au conservatoire de votre commune, il sera trop tard. La plupart des conservatoires en France, y compris les conservatoires parisiens, ouvrent leurs inscriptions fin mai/début juin. Mieux vaut consulter au plus tôt leurs sites internet. Dans la plupart des cas, vous pourrez télécharger un dossier d’inscription en ligne que vous devrez déposer, avec tous les justificatifs demandés, au conservatoire.

Après la réception de votre dossier, deux cas de figure sont possibles : soit vous (ou votre enfant) êtes convoqués à une audition, souvent en septembre, soit vous serez soumis au tirage au sort, un principe adopté depuis plusieurs années par les conservatoires parisiens, et de plus en plus fréquent en région. « C’est le seul moyen que nous ayons trouvé qui soit équitable et où ce n’est pas la loi du plus fort qui l’emporte, explique l’adjoint du directeur du conservatoire de Nantes. De voir 300 personnes le jour des inscriptions faire la queue dès 7h du matin, cela nous a semblé beaucoup plus injuste. Et il n’est pas non plus envisageable d’auditionner les enfants de cet âge-là, cela n’a aucun sens ».

Combien coûte une année au conservatoire ?

Tout dépend de votre lieu de domiciliation, de votre quotient familial et des disciplines que vous allez suivre. Mais quel que soit le coût final de votre scolarité, il sera moins élevé que n'importe quelle école privée. Un rapport qualité/prix plus qu'intéressant étant donné la panoplie d'enseignements.

Les tarifs pour le cycle découverte varient entre 100 et 400 euros environ (dégressifs pour les fratries dans certains établissements), les conservatoires municipaux parisiens facturent entre 70 et 1100 euros pour un cycle complet, majoré de 25% pour les non-résidents. Le mieux est de se renseigner directement auprès de l’administration : des facilités de paiement ou des bourses peuvent vous être proposées.

Pensez également à vous renseigner sur les conditions et les tarifs du prêt d'un instrument. Tous les instruments ne sont pas toujours mis à disposition des élèves.