La plus grande base de compositrices créée par l'association Donne - Women in Music

Si vous aviez toujours eu du mal à citer les noms des compositrices au détour des conversations, c'est fini. Désormais une base riche de 5 000 références permet de sortir de l'oubli ou de faire découvrir les compositrices du monde entier sur une période de dix siècles.

La plus grande base de compositrices créée par l'association Donne - Women in Music
Donne, Women in Music

Connaissez vous la compositrice Otilie Suková (1878-1905) ? Probablement pas, malgré le fait (ou plutôt à cause du fait) qu'il s'agisse de la fille d'Antonín Dvořák et l'épouse du compositeur Josef Suk. C'est ce genre d'injustice qui a fait de l'ombre au talent des compositrices que veut réparer la plateforme multimédia Donne - Women in Music, lancée par l'association éponyme basée au Royaume Uni. On peut donc y découvrir Otilie Suková, ainsi que 5 000 autres références de ce qui est probablement la plus grande base des compositrices disponible en ligne, en anglais et en portugais.  

Les compositrices originaires du monde entier de toute l'histoire de la musique occidentale écrite, dont environ 300 compositrices françaises. Il y a la « big list » des noms, qui donne quelques informations succinctes, une sorte de carte d'identité pour chaque compositrice, mais la plateforme propose également des playlist thématiques, des articles, des vidéos éducatives ou des podcasts-conversations avec les compositrices contemporaines. 

On peut faire une recherche en fonction de la nationalité, de l’appartenance à la communauté LGBTQIA+, ou encore, se plonger dans différentes époques, de la compositrice byzantine Kassia jusqu’à aujourd’hui. Et ce n'est pas tout, parce que l'association appelle à contribution afin de répertorier autant de créatrices actives aujourd'hui ou absentes des manuels d'histoire que possible. 

« Cette base est le résultat de ma curiosité personnelle en tant qu'artiste, explique l'initiatrice du projet, la Soprano Gabriella Di Laccio. J'ai découvert des milliers de compositrices qui ont été négligées pendant mon éducation musicale ou qui n'ont pas eu la valorisation qu'elles méritaient dans ma carrière professionnelle. »

« Nous ne pouvons pas réécrire l'histoire, poursuit la soprano, mais en informant sur les inégalités énormes que nous rencontrons lorsqu'il s'agit de connaître ces femmes et de jouer leur musique, nous espérons créer de meilleures bases pour un monde plus égalitaire dans l'avenir. Il y a beaucoup de modèles dans l'histoire vers lesquels nous pouvons nous tourner, il suffit de les rendre plus visibles  ! »