Vitezslava  Kapralova

Vitezslava Kapralova

Compositrice et cheffe d’orchestre tchèque (Brno, 24 janvier 1915 – Montpellier, 16 juin 1940)

D’une constitution fragile, malgré sa beauté et son talent, la compositrice Vitezslava Kaprolova est emportée par la maladie à l’âge de 25 ans. Grande compositrice de mélodies, encore peu connue de nos jours, son œuvre mérite d’être jouée et écoutée, témoin du talent prometteur d’une femme fascinante, fauchée dans la fleur de l’âge.

Unique fille du compositeur Vaclav Kapral, la petite Vitezslava prend ses premières leçons de piano auprès de sa mère Viktorie, chanteuse lyrique.  Peu de temps après son retour de la guerre, son père effectue un voyage à Paris, étudie avec Alfred Cortot et rencontre Bohuslav Martinu. Pendant ce temps, la fillette, déjà fragile, fait une première cure dans un sanatorium en Slovaquie. Malade, elle jette ses premières notes sur le papier à musique dès l’âge de 9 ans et après avoir été guidée par son père pour ses premiers essais, elle entame un cursus complet en entrant au conservatoire de Brno en 1930 ; parmi les matières qu’elle étudie, la direction avec Zdeňek Chalabala et la composition avec Vilém Petrželka la marquent. Ses compositions sont déjà variées et laissent apparaître un style personnel même si l’on y perçoit l’influence paternelle. En 1935 elle intègre le Conservatoire de Prague et se perfectionne avec Vitezslav Novak et Vaclav Talich.  Comme épreuve de fin d’étude, elle compose la Sinfonietta militaire, dont elle dirige à Prague la création avec l’Orchestre Philharmonique Tchèque. La même année, au printemps 1937, Martinu rencontre la jeune femme et l’encourage à demander une bourse pour poursuivre ses études à Paris. On la retrouve à Paris à l’Ecole Normale de Musique où elle suit les cours de Charles Munch et de Nadia Boulanger. Cette dernière séjournant souvent à l’étranger, c’est en Martinu qu’elle trouve un professeur, un ami de choix... et un amant.

A Noël 1937, elle apprend que sa Sinfonietta militaire est sélectionnée comme œuvre représentant son pays au festival de musique contemporaine (SIMC) à Londres : elle la dirigera en 1938 devant un jury prestigieux, dans lequel figureront Ernest Ansermet, Adrian Boult, Aloïs Haba et Darius Milhaud. Kapralova passe l’été dans son pays, puis revient en France en janvier 1939. Elle ne reverra plus son pays natal, envahi en mars 1939 par les troupes allemandes, et choisit la France comme pays d’exil. Peu de temps après elle rencontre Jiril Mucha, écrivain et fils d’Alfons Mucha, qu’elle épouse en avril 1940. Très rapidement, les symptômes de la maladie qui l’emportera se manifestent sous forme de violents maux de ventre. Son mari étant en garnison dans le sud de la France, Vitezslava Kapralova est transférée dans un hôpital à Montpellier, où il peut se rendre plus facilement. Décédée à Montpellier, ses restes seront incinérés puis ramenés dans son pays natal en juin 1949. Malgré sa mort prématurée, Kapralova laisse un nombre impressionnant d’œuvres. Sa musique était très appréciée notamment par Rafael Kubelik qui a dirigé plusieurs de ses pièces.

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La richesse de son œuvre, caractérisée par une imbrication de chromatismes postromantiques et d'harmonies impressionnistes, fait d'elle une figure majeure de la musique tchèque du XXe siècle.

Vítezslava Kapralova en 6 dates :

  • 1935 : lauréate du Prix Frantisek Neumann pour la meilleure composition étudiante de promo
  • 1937 : entre au Conservatoire de Paris
  • 1938 : dirige l’orchestre de la BBC lors de la création de la Sinfonietta militaire
  • 1948 : Award de l’Académie tchèque des Sciences et des Arts à titre posthume
  • 1998 : naissance de Kapralova Society, association canadienne fondée à Toronto
  • 2015 : la BBC programme 5 heures de musique à l'occasion du centenaire de sa naissance

Vítezslava Kapralova en 6 œuvres :

  • 1928 : A Maman, pour chœur d’enfants
  • 1933 : Janvier, pour voix, flûte, 2 violons, violoncelle et piano
  • 1935 : Concerto pour piano et orchestre op 7
  • 1937 : Sinfonietta militaire op 11
  • 1938 : Ilena, cantate pour soliste, chœur, récitant et orchestre op 15 (œuvre inachevée)
  • 1940 : 2 Ritournelles op 25 pour violoncelle et piano 

Biographie de la Documentation musicale de Radio France (mai 2021)

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