Vítězslava  Kaprálová

Vítězslava Kaprálová

Compositrice et cheffe d’orchestre tchèque (Brno, 24 janvier 1915 – Montpellier, 16 juin 1940)

Personnage hors-norme à l’existence tronquée, Vítězslava Kaprálová a marqué son temps par un talent et une détermination exceptionnels. Grande compositrice de mélodies, elle laisse derrière elle un riche corpus d’œuvres pour piano, orchestre symphonique et formations de chambre.

Née d’un père compositeur, élève de Leos Janacek, et d’une mère chanteuse lyrique, Vítězslava Kaprálová manifeste très tôt un intérêt pour la musique. Elle compose sa première œuvre V řísi bájí (Du domaine des fables), et d’autres pièces pour piano, à l’âge de neuf ans. Durant l’enfance, sa santé fragile l’oblige à séjourner à plusieurs reprises en sanatorium. A quinze ans, elle entre au Conservatoire de Brno où elle suit des cours de piano, d’accompagnement, d’harmonie, d’histoire de la musique, d’orchestration, de direction auprès de Zdeňek Chalabala et de composition avec Vilém Petrželka. Elle y obtient le Prix František Neumann de la meilleure composition estudiantine pour le Concerto pour piano op.7, qui est créé à Brno par le pianiste Ludvík Kundera (père de Milan Kundera). Diplômée, elle intègre le Conservatoire de Prague pour se perfectionner aux côtés de Václav Talich pour la direction et de Vitězslav Novák pour la composition. Sa Passacaille grotesque, écrite dans le cadre de ses études, remporte le premier prix du Concours organisé par le périodique Tempo. A l’âge de vingt-deux ans, elle dirige à Prague l’Orchestre philharmonique tchèque, dans sa Sinfonietta militaire.  

Sur le conseil de son ami et amant le compositeur Bohuslav Martinů, Vítězslava Kaprálová obtient une bourse et s’installe à Paris. Elle y étudie à l’Ecole normale auprès de Nadia Boulanger et de Charles Munch. Elle entame à cette époque l’écriture d’une cantate, Ilena, qui restera inachevée. Sélectionnée pour représenter la création tchèque au festival de la Société Internationale de Musique Contemporaine (SIMC), elle se rend à Londres où elle présente sa Sinfonietta avec l’Orchestre symphonique de la BBC devant un jury composé d’Aloïs Hába, Ernest Ansermet, Adrian Boult et Darius Milhaud, entre autres.

En 1938, la signature des accords de Munich met à mal l’entente entre Prague et Paris. En proie à une immense tristesse et éloignée de son pays natal, Vítězslava Kaprálová n’arrête cependant pas de composer. La Partita pour piano et orchestre à cordes voit le jour, en plus de plusieurs mélodies dont Písen tvé nepřitomnosti (Chanson de ton absence). L’année suivante, elle se produit une dernière fois à Paris, et compose la mélodie Dopis, une lettre d’adieu datée du 28 avril. Elle épouse l’écrivain Jiri Mucha avec qui elle s’installe dans le Sud de la France. Atteinte de la tuberculose, elle succombe à la maladie à l’âge de 25 ans. 

Tout au long de sa jeune vie, Vítězslava Kaprálová a su imposer son art et ses visions auprès de ses pairs, revendiquant toujours son statut de femme compositrice et musicienne. La richesse de son œuvre, caractérisée par une imbrication de chromatismes postromantiques et d'harmonies impressionnistes, fait d'elle une figure majeure de la musique tchèque du XXe siècle.

Vítězslava Kaprálová en 6 dates :

  • 1935 : Prix František Neumann de la meilleure composition estudiantine pour le Concerto pour piano op.7
  • 1937 : dirige à Prague l’Orchestre philharmonique tchèque dans sa Sinfonietta militaire
  • 1937 : installation à Paris et cours auprès de Nadia Boulanger, Charles Munch et Bohuslav Martinu
  • 1938 : représente la Tchécoslovaquie au festival de la Société Internationale de Musique Contemporaine (SIMC) à Londres
  • 1939 : dernier concert à Paris
  • 1940 : mort à 25 ans 

Vítězslava Kaprálová en 6 œuvres :

  • 1935 :Passacaille grotesque pour piano seul
  • 1935 :Concerto en ré mineur pour piano et orchestre, op. 7
  • 1937 :Sinfonietta militaire, op. 11 pour orchestre symphonique
  • 1937 :Préludes d'Avril, op. 13
  • 1938 :Suita rustica, op. 19 pour orchestre symphonique
  • 1939 :Partita pour piano et orchestre à cordes, op. 20

Site officiel

Biographie de la Bibliothèque musicale de Radio France, décembre 2018

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