Sergueï Rachmaninov

Sergueï Rachmaninov

Compositeur, pianiste et chef d’orchestre russe (Semionovo, 1873 – Beverly Hills, 1943)

Sergueï Rachmaninov est un compositeur russe, également pianiste et chef d’orchestre. Son œuvre, écrite majoritairement pour piano, reste attachée à la tradition romantique et connaît l’influence prononcée de Tchaïkovski. Ancré dans la tonalité, son style lyrique et tourmenté est caractérisé par l’expressivité des nuances, la sobriété raffinée des thèmes et la traduction des émotions par l’élargissement de la palette harmonique.

Rachmaninov étudie au Conservatoire de Saint-Pétersbourg puis au Conservatoire de Moscou. Il compte Nikolaï Zverev, Anton Arenski et Serge Taneïev parmi ses professeurs, ainsi qu’Alexandre Siloti pour le piano. Ses premières œuvres remportent rapidement du succès, son opéra Aleko (1892), puis son premier Concerto pour piano et le Prélude en ut dièse mineur. En revanche, l’échec de sa Symphonie n°1 le plonge dans une profonde dépression, qui prend fin quatre ans plus tard avec la création triomphale de son Concerto pour piano n°2.
Lors de son premier voyage aux Etats-Unis, le succès est également au rendez-vous grâce au Concerto pour piano n°3. L'avènement de la Révolution russe en 1917 décide Rachmaninov à quitter la Russie pour des tournées sur le continent américain et en Europe occidentale. Une période qui l'éprouve de par le grand nombre des concerts qu'il donne, ce qui ne l'empêche pas de composer quelques unes de ses plus grandes oeuvres comme la Rhapsodie sur un thème de Paganini (1934) ou la Symphonie n°3 (1936). Rachmaninov fait la rencontre du pianiste Vladimir Horowitz et deviennent très proches. De plus en plus fatigué, il se réfugie dans une maison en Suisse, puis à Berverly Hills pendant la Seconde Guerre mondiale guerre. Il y décède d’un cancer du poumon en 1943.

L’écriture incisive de Rachmaninov va de pair avec la précision de son jeu pianistique ; sa très grande renommée provient autant de l'extrême difficulté technique de ses œuvres que de leur aura intimiste et angoissée. Bien que contemporain de Ravel et Bartók, il restera immuablement attaché au système tonal, faisant de lui le dernier compositeur romantique du XXe siècle.

Rachmaninov en six dates :

1892 : prix de composition pour son opéra Aleko (en 1 acte), créé au théâtre Bolchoï ; influence de La Dame de Pique de Tchaïkovski. Début de sa carrière, en tant que pianiste et compositeur.
1897 : échec de sa Symphonie n°1 op. 13, créée par Glazounov alors sous l’emprise de l’alcool. Début d’une dépression de trois à quatre ans.
1904-1906 : Rachmaninov dirige les représentations lyriques du théâtre du Bolchoï.
1909 : première tournée aux Etats-Unis ; grand succès. Il refuse le poste de chef permanent de l’Orchestre symphonique de Boston.
1917 : Rachmaninov quitte la Russie définitivement ; carrière de pianiste virtuose.
1928 : rencontre avec Vladimir Horowitz, pianiste dont Rachmaninov devient très proche (et ce jusqu’à sa mort).

Rachmaninov en six œuvres :

1892 : Prélude en do dièse mineur op. 3 n°2, pour piano seul. Autres préludes : en 1901-1903 (série de 10 préludes) et en 1910 (série de 13 préludes).
1902-1903 : Variations sur un thème de Chopin op. 22, 22 variations pour piano ; d’après le Prélude en do mineur de Frédéric Chopin.
1909 : L’île des morts, poème symphonique ; créé à Moscou.
1909 : Concerto n°3 pour piano en ré mineur, op. 30 ; créé à New York. Il s’agit d’un des concertos romantiques les plus difficiles.
1911 : Etudes-Tableaux op. 33, cycle de 8 morceaux pour piano. Suite en 1916/1917 (cycle de 9 morceaux), op. 39. En tout, cycle de 17 morceaux pour piano.
1940 : Danses symphoniques op. 45, création à Philadelphie. Allégorie de la vie.