Samson François

Samson François

Pianiste

Grand conteur et affabulateur, c'est au piano que Samson François raconte le "vrai". Son ami Raymond Devos en fait le portrait d'un artiste "qui ne peut s'inscrire dans le réel".

Enfant prodige et héritier de l'école pianistique française de par son apprentissage auprès d'Yvonne Lefébure ou Marguerite Long ; éternel enfant vivant de son imagination, magicien, ayant un goût prononcé pour l'Orient, les pays méditerranéens et les passions humaines, Samson François est parfois comparé à Scarbo, ce petit lutin malicieux et maléfique présent dans l'œuvre Gaspard de la Nuit de Maurice Ravel, l'un de ses compositeurs de prédilections.

Le père de Samson François occupe un poste au consulat de France, ce qui amène la famille à de nombreux déplacements en Europe. Après sa naissance à Francfort-sur-le-Main, il commence le piano à l'âge de quatre ans au Conservatoire de Belgrade. De retour en France, il intègre le conservatoire de Lyon à l'âge de neuf ans. En 1932, sa famille s'installe à Nice où il intègre le conservatoire de la ville. En 1935, il y obtient un Premier prix de piano. Sa rencontre avec Alfred Cortot est déterminante puisque ce dernier l'encourage à suivre l'enseignement d'Yvonne Lefébure et de Nadia Boulanger dans l'école qu'il a lui-même créée, l'Ecole normale de Musique. En 1938, ayant obtenu sa licence de concert, il "monte" à Paris et est admis la classe de Marguerite Long au Conservatoire national supérieur de Paris. Il y apprend la rigueur d'une des meilleures amies de Claude Debussy, et y découvre ce qui deviendra sa Sainte Trinité : Mozart, Chopin _* et *_Debussy, auxquels il ajoutera Ravel, et plus tardivement Beethoven * le "Besogneux". En 1940, il obtient son premier prix du conservatoire. En 1943, son premier prix lors du premier *concours Long-Thibaud le révèle au monde musical. En 1951, il rencontre *Josette Bhavsar * qui devient madame Samson François, "la plus attentionnée" des agents de concert qui contribue jusqu'à sa mort à son essor artistique.

Epris de liberté, de sa conception de la musique jusque dans sa vie personnelle, il n'a cessé de voyager : en France grâce aux Jeunesses Musicales de France, en Angleterre, en URSS en 1956, au Japon, et en Chine en 1964 où il est le premier artiste occidental invité. Aimant aller à la rencontre du public, celui-ci lui réserve d'innombrables triomphes. Victime de sa vie mouvementée, de sa fascination pour la mort le poussant à vivre intensément la nuit, Samson François décède d'une crise cardiaque le 22 octobre 1970.

Samson François était un grand amateur de jazz, de batterie et de football. Mais c’était aussi un *compositeur * et un travailleur acharné à la pédagogie pianistique particulière et toujours un brin sarcastique, dont il put dire : « Mais oui, l’effort est une vue de l’esprit et ne peut-être qu’idéal… Vouloir frapper c’est avant tout lever les doigts au ciel» ou « Et chaque note, et je veux dire chaque son, ne peut s’émettre, et être entendue, rendue intelligible et surtout attaquée, qu’à une seule condition : être au second degré ». Sa propre définition de ce compagnon qui l’a aidé à satisfaire son imaginaire n’était-elle pas : « Pour Beethoven, le piano était un dépucelage. Pour Chopin, une petite fiancée. Pour Liszt, une femme mariée. Mais pour nous, maintenant, il n’est qu’une vieille fille ! … une vieille ! »

Samson François en 6 dates :

*1940 * : Premier prix du Conservatoire national supérieur de Paris

*1942 * : Premier prix du concours Long-Thibaut

*1951 * : composition et création de son concerto pour piano à Aix-en-Provence

1953-1954 : Grand Prix du Disque de l‘Académie du Disque Français

*1955 * : mariage avec Josette Bhavsar, et naissance de Maximilien Samson François

*1961 * : le 5 mai, interprétation du concerto n°3 de Prokofiev sous la direction de Lorin Maazel avec l'Orchestre National de la RTF

Biographie de la documentation de Radio France, septembre 2016

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