Rafael Kubelik

Rafael Kubelik

Chef d’orchestre et compositeur tchèque, naturalisé suisse (1914 à Bychory – 1996 à Kastanienbaum en Suisse)

Rafael Kubelik était sans conteste un des chefs d’orchestre les plus empreints d’humanisme. Ses interprétations dégageaient toujours beaucoup d’émotion et de spontanéité, ce qui explique qu’il n’ait pas pu envisager de rester dans son pays natal tombé sous la dictature communiste.

Fils du grand violoniste Jan Kubelik  et d’une comtesse hongroise, Rafael Kubelik, étudie le piano, le violon et la direction d’orchestre au Conservatoire de Prague. A la fin de ses études, il devient accompagnateur de son père pendant un an. En 1937, il donne son premier concert, à la tête de l’Orchestre Philharmonique Tchèque, dont il devient directeur musical en 1942. Mais, il décide de quitter ce poste à l’arrivée des communistes en 1948, et s’exile aux Etats-Unis. En 1950, il prend la tête de l’Orchestre Symphonique de Chicago. Trop souvent pris pour cible par les critiques, il décide de revenir en Europe, pour assurer, en 1955, la direction musicale de l’Opéra Royal Covent Garden.

En 1961, Rafael Kubelik signe le contrat le plus marquant de sa carrière à la tête de l'Orchestre Symphonique de la Radiodiffusion Bavaroise, qu’il va diriger jusqu’en 1980. Il y développe les séries de concerts à thème : intégrale des *Symphonies * de Beethoven  dans l’ordre chronologique, programmes associant Palestrina et Stravinsky, cycle de Bach suivi d’un cycle Hindemith. Il crée un évènement discographique avec l’enregistrement de l’intégrale des Symphonies  de Mahler. En 1967, il est naturalisé suisse. Au cours de ces années glorieuses, il est l’invité régulier des phalanges européennes les plus prestigieuses : l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, l'Orchestre philharmonique d'Israël, l'Orchestre philharmonique de Vienne  ainsi que l'Orchestre philharmonique de Berlin. En 1990, c’est la chute du Rideau de Fer, Rafael Kubelik retrouve l'Orchestre philharmonique tchèque qui le nomme chef honoraire. Ensemble, ils effectuent une grande tournée au Japon l’année suivante.

Le répertoire de Rafael Kubelik était très large, allant de Bach aux contemporains du XXème. Mais sa prédilection pour les compositeurs tchèques a marqué sa carrière : Antonín Dvorak, Bedrich Smetana, Leos Janacek, Bohuslav Martinu … Moins connu pour ses compositions, il laisse malgré tout cinq opéras, deux symphonies, cinq concertos, de la musique de chambre.

Rafael Kubelik en quelques dates :
 • 1937  : premier concert à la tête de l’Orchestre Philharmonique Tchèque
 • 1942  : directeur musical de la Philharmonie Tchèque
 • 1948  : exil aux Etats-Unis, face à l’arrivée des communistes
 • 1950  : directeur musical de l’Orchestre Symphonique de Chicago
 • 1961  : directeur musical de l'Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise
 • 1990  : retrouve l’Orchestre Philharmonique Tchèque, à la chute du Rideau de Fer

Rafael Kubelik en quelques disques (chez Deutsche Grammophon) :
 • Schumann, Intégrale des Symphonies, 1964-1965
 • Mahler, Intégrale des Symphonies, 1961-1969
 • Schoenberg, Gurrelieder, 1965
 • Janacek, Messe glagolithique, 1971
 • Schumann et Grieg, Concertos pour piano, avec Geza Anda, 1964
 • Dvorak, Intégrale des Symphonies, 1971-1976

Biographie de la Documentation de Radio France, février 2016

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