Pierre Monteux

Pierre Monteux

Chef d’orchestre français naturalisé américain (1875 à Paris – 1964 à Hancock dans le Maine)

Avec une carrière professionnelle de plus de soixante-dix ans, Pierre Monteux allie la longévité au prestige. Considéré comme le créateur d’une esthétique « à la française » de la direction d’orchestre, sa notoriété a largement dépassé nos frontières, au point qu’il a fait l’essentiel de sa carrière aux Etats-Unis.

Pierre Monteux commence le violon à six ans, puis entre au Conservatoire de Paris, en 1885, dans les classes d’alto et de musique de chambre de Benjamin Godard, et d’harmonie d’Albert Lavignac. Il obtiendra un Premier Prix en 1896, mais commence sa carrière professionnelle bien avant, en 1890, comme violoniste aux Folies Bergères. En 1892, il intègre le Quatuor Geloso au pupitre d’alto, ce qui l’amènera à jouer devant Johannes Brahms et à rencontrer Pablo Casals, Georges Enesco, Alfred Cortot. L’année suivante, il est nommé premier alto à l’Orchestre Colonne. Il participe à des évènements majeurs comme la création de l’opéra Pelléas et Mélisande de Claude Debussy en 1902, et est amené à jouer sous la baguette des grands chefs du moment : Arthur Nikisch, Felix Mottl, Felix Weingartner et Richard Strauss. Il découvre la direction d’orchestre auprès d’Edouard Colonne qui voit en lui un talent et lui fait confiance. En 1906, en qualité de chef de chœur, il prépare la Symphonie n° 2 de Gustav Mahler, sous la baguette du compositeur. En 1908, il devient chef titulaire de l’Orchestre du Casino de Dieppe avec lequel il va, entre autres, accompagner Camille Saint-Saëns dans le Concerto pour piano de Robert Schumann. Sa carrière prend un tournant décisif en 1911 : Pierre Monteux est engagé par Serge Diaghilev à diriger l’Orchestre des Ballets Russes. Il crée Petrouchka (1911), le Sacre du printemps (1913) et le Rossignol de (1914) d’Igor Stravinsky, Prélude à l’après-midi d’un faune de Claude Debussy et Daphnis et Chloé de Maurice Ravel en 1912.

La Première Guerre Mondiale interrompt brutalement cette série d’évènements historiques. Pierre Monteux est mobilisé et part au front. Mais Diaghilev parvient à le faire démobiliser en 1916 pour une tournée des Ballets Russes aux Etats-Unis. Le chef français est bien accueilli par les Américains et décide de rester. D’abord invité par le Metropolitan Opera, il reprend et reconstitue, en 1919, un Orchestre Symphonique de Boston en pleine crise. En 1924, il revient en Europe diriger le ConcertGebouw d’Amsterdam aux côtés de Willem Mengelberg, puis il prend la direction de l’Orchestre Symphonique de Paris en 1929. Cependant, il repart aux Etats-Unis en 1934, cette fois définitivement. Il est d’abord nommé à la tête de l’Orchestre de San Francisco, avec lequel il réalise un grand nombre d’enregistrements de qualité. Puis, en 1937, il est chargé de préparer le tout jeune Orchestre de la NBC qui attend son futur maître, Arturo Toscanini. La notoriété de Pierre Monteux aux Etats-Unis atteint son apogée en 1942, lorsqu’il accède à la citoyenneté américaine. Dès l’année suivante, il fonde une école de direction à Hancock, dans le Maine, qui verra passer de futurs chefs comme Lorin Maazel, Neville Marriner, Marcel Landowski et André Prévin. Pour ses quatre-vingts ans, en 1955, Igor Stravinsky lui dédicace son Greetings prelude. En 1961, Pierre Monteux prend la direction de l’Orchestre Symphonique de Londres. Ce sera son dernier contrat.

Pierre Monteux en 6 dates :
1908 : chef titulaire de l’Orchestre du Casino de Dieppe
1911 : nommé à la tête de l’Orchestre des Ballets Russes
1913 : dirige la première tumultueuse du Sacre du printemps d’Igor Stravinsky
1919 : prend la tête de l’Orchestre Symphonique de Boston
1937 : prépare l’Orchestre de la NBC à recevoir son futur chef, Arturo Toscanini
1961 : devient chef principal de l’Orchestre Symphonique de Londres

Pierre Monteux en 6 disques :
• Berlioz, Symphonie fantastique, Orchestre Symphonique de Paris, Gramophone, 1930
• Chausson, Symphonie en sib, Orchestre Symphonique de San Francisco, RCA, 1950
• Franck, Symphonie en ré, Orchestre Symphonique de San Francisco, RCA, 1950
• Ravel, Daphnis et Chloé, Orchestre Symphonique de Londres, Decca, 1959
• Stravinsky, Petrouchka, Orchestre National, Montaigne, 1948
• Stravinsky, Le Sacre du printemps, Orchestre Symphonique de Boston, RCA, 1951

Biographie de la Documentation de Radio France, janvier 2016

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