Peter Schreier

Peter Schreier

Chanteur lyrique et chef d’orchestre allemand (1935, Gauernitz – 2019, Dresde)

Ténor et chef d’orchestre adulé de son public, véritable évangéliste de Bach, Peter Schreier figure comme l’un des plus grands interprètes d’opéras, d’oratorios, et de Lieder de son temps.

Très jeune, Peter Schreier est initié à la musique par son père, instituteur et chef de chœur. Au sortir de la guerre, en juin 1945, il n’a pas dix ans lorsqu’il intègre le célèbre chœur de la Kreuzkirche de Dresde pour y suivre le célèbre Kreuzchor, institution ancestrale réputée où la tradition de Jean-Sébastien Bach est à l’honneur. Il se retrouve au pupitre des altos avant de poursuivre, une fois sa mue achevée, comme ténor jusqu’en 1954. Encouragé par son professeur Rudolf Mauersberger, qui reconnaît très vite ses aptitudes particulières, Peter Schreier décide de poursuivre dans cette voie et entre au Conservatoire de Leipzig ainsi que de Dresde où il reçoit l’enseignement d’un certain Herbert Winckler. 1957 marque ses débuts sur la scène de l’Opéra de Dresde, avec pour rôle celui de Paolino dans le Mariage secret de Cimarosa. En 1962, il remporte un succès sans précédent dans le rôle de Belmonte de L’enlèvement au sérail de Mozart. Engagé un an plus tard par l’Opéra D’État de Berlin-Est, sa carrière est lancée. Il sillonne alors les scènes de Munich, Moscou, Varsovie, Montreux, Londres, Turin et d’autres, remportant un franc succès auprès du public. Par ailleurs, il se retrouve régulièrement invité à l’Opéra d’Etat de Vienne.

Bien que son timbre particulièrement clair ait pu le prédestiner au répertoire mozartien, son passage au Kreuzchor aura contribué à faire de lui un grand chanteur d’oratorios. C’est en 1966 qu’il est ovationné pour la première fois en Europe occidentale, en interprétant l’Evangéliste de la Passion selon Saint-Matthieu dans le cadre du Sagre Musicale Umbre, à Perugia. Le succès est immédiat. Après l’opéra et l’oratorio, Peter Schreier aborde le domaine du Lied, pour chanter Schubert, Schumann, Brahms, Mahler, Mozart, Dvorak ou Wolf, avec tendresse, force et poésie. L’art de la projection, la science du mot, l’intelligibilité y sont plus que partout ailleurs nécessaires. Après un triomphe l’été 1967 au festival de Salzburg, il conquiert deux hauts-lieux que sont la Scala de Milan (où il interprète Idoménée) et le Metropolitan de New York (où il investit la scène en tant que premier chanteur d’Allemagne de l’Est dans l’opéra La flute enchantée de Mozart). L’artiste se produit également pour la radio ou la télévision. Il se veut être, à l’étranger, l’investigateur d’une façon de concevoir et d’exprimer la musique allemande dans le monde contemporain.

A la fin des années 1970, Peter Schreier entreprend ses premières prestations en qualité de chef d’orchestre, et enregistre, entre autre, les deux Passions de Bach tout en se gardant la partie de l’Evangéliste. En 2000, il se retire de la scène lyrique en interprétant une dernière fois La Flûte enchantée, à Berlin. Il continuera tout de même à offrir des récitals jusqu’à son 70e anniversaire, en 2005. Peter Schreier meurt le 25 décembre 2019 à Dresde à l’âge de 84 ans des suites d’une longue maladie, laissant derrière lui plus de 200 enregistrements.

Peter Schreier en 6 dates :

  • 1969 : Prix Robert Schumann de la ville de Zwickau.
  • 1978 : membre de l’Académie des arts de Berlin.
  • 1986 : Membre d'honneur de la ‘Gesellschaft der Musikfreunde’ (= société des amis de la musique) de Vienne, Autriche.
  • 2009 : Prix Bach de la Royal Academy of Music.
  • 2013 : Médaille Bach de la ville de Leipzig.
  • 2016 : Prix artistique de la capitale d’Etat Dresde.

Biographie de la Documentation Musicale de Radio-France.

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