Niccolo Piccinni

Compositeur italien (Bari, 16 janvier 1728 - Passy, 7 mai 1800)

Grand compositeur d’opéras buffe et serie, Niccolo Piccinni est célèbre pour avoir fixé le style lyrique italien, devenu le modèle de ses successeurs français et allemands. Sa musique fut opposée à celle de Christoph Willibald Gluck au sein de la célèbre querelle des Gluckistes et des Piccinnistes.

Fils d’un père violoniste à la Basilica di San Nicola de Bari, Niccolo Piccinni montre très tôt les signes d’une grande précocité musicale. A quatorze ans, il entre au Conservatorio di Sant'Onofrio de Naples où il reçoit notamment l’enseignement de Leonardo Leo et Francesco Durante

Diplômé à vingt-six ans, il entame sa carrière de compositeur avec des créations à succès telles que l’opéra-comique Le Donne dispettose et l’opera seria Zenobia, sur un livret de Pietro Metastasio (dit Metastase). Riche de ces premières réussites, Piccinni reçoit bientôt une commande de Rome pour l’écriture d’un nouvel opéra : Alessandro nelle Indie, à nouveau sur un texte de Métastase. S’ensuit la composition de LaCecchina ou La buona figliuola, opéra-comique en trois actes dont les représentations appréciées en Italie et à Londres confirment le triomphe. Créateur prolifique doté de remarquables facilités d’écriture, Piccinni compose en l’espace de quelques années plus d’une centaine d’opéras, présentés dans les plus grandes maisons d’opéra italiennes et européennes. Installé plus tard comme maître de chapelle à la cathédrale de Naples, il travaille comme organiste dans des couvents et comme professeur de chant.

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Alors que sa notoriété se fait de moins en moins manifeste à Rome face à l’ascension de son collègue Pasquale Anfossi, Niccolo Piccinni est appelé à la Cour de France à Paris, où sa présence précipite la fameuse querelle entre gluckistes et piccinnistes. Son premier opéra français Roland remporte un franc succès, tandis que son Iphigénie en Tauride souffre du retentissement de l’opéra de Christoph Willibald Gluck, consacré à ce même sujet et créé à Paris deux ans plus tôt. La véritable consécration vient avec la tragédie lyrique Didon, présentée à Fontainebleau le 16 octobre 1783 en présence de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Cette même année, Niccolo Piccinni obtient une pension de la Cour de France et devient maître de chant à l’École royale de chant et de déclamation lyrique à Paris. Pendant la Révolution française, il fait face à un certain nombre de péripéties : contraint d’abandonner sa pension et son poste à Paris, il regagne Naples puis Venise avant de se voir placé en maison d’arrêt pendant quatre ans, en raison du mariage de sa fille avec un Jacobin français. Libéré à l’âge de soixante-dix ans, Piccinni retourne à Paris où il obtient une restauration partielle de sa pension et est nommé sixième inspecteur au Conservatoire par Bonaparte. Trop affaibli par l’âge, il ne pourra cependant pas assurer ce poste.

Niccolo Piccinni en 5 dates :

  • 1754 : diplôme du Conservatoire de Sant'Onofrio de Naples
  • 1784 : maître de chant à l’École royale de chant et de déclamation lyrique de Paris
  • 1791 : retour à Naples suite à la Révolution française
  • 1794-1798 : séjour en maison d’arrêt
  • 1798 : nommé inspecteur au Conservatoire par Bonaparte

Niccolo Piccinni en 5 œuvres :

  • 1754 :Le Donne dispettose, opera buffa en deux actes
  • 1758 :Alessandro nelle Indie, opera seria en deux actes
  • 1760 :LaCecchina ou La buona figliuola, opera buffa en trois actes
  • 1778 :Roland, tragédie lyrique en trois actes
  • 1783 :Didon, tragédie lyrique en trois actes

Biographie de la Bibliothèque musicale de Radio France, novembre 2018

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