Mstislav Rostropovitch

Mstislav Rostropovitch

Violoncelliste

Mstislav Leopoldovitch Rostropovitch, violoncelliste et chef d’orchestre d’origine russe, est une figure majeure du XXe siècle. Brillant interprète, commanditaire de nombreuses œuvres contemporaines, Rostropovitch est aussi un musicien engagé politiquement pour la défense de la liberté d’expression.

Né dans une famille de musiciens à Bakou (Azerbaïdjan), Mstislav Rostropovitch est initié très tôt au piano par sa mère puis, à huit ans, au violoncelle par son père - lui-même violoncelliste. En 1932, toute la famille déménage à Moscou et, en 1941, Mstislav Rostropovitch entre au Conservatoire de Moscou. Il compte parmi ses professeurs Dimitri Chostakovitch, professeur d’orchestration, et rencontre Sergueï Prokofiev.

Encore étudiant, son jeu fascine partout où il se produit. Il donne plusieurs concerts de musique de chambre avec des partenaires de prestige tels que Sviatoslav Richter, Emil Gilels ou encore Leonid Kogan.

En 1955, il épouse Galina Vichnievskaïa, cantatrice au Bolchoï. Mstislav Rostropovitch se produira à ses côtés, assurant la partie piano en concert comme au disque.

Sa carrière internationale débute en 1970 en glanant les plus prestigieux concours : Premier Prix International de Prague, Prix International de Budapest … En 1951, il obtient la distinction la plus haute de son pays : le Prix Staline.

Il commence dès lors à fréquenter les compositeurs soviétiques et sera le dédicataire de nombreuses partitions contemporaines. Une des plus connues est la Symphonie concertante de Serge Prokofiev. Devenu véritable ambassadeur de la musique soviétique en Occident, il continuera de stimuler la création d’œuvres pour violoncelle dans tous les pays.

Benjamin Britten, en 1960, compose pour son commanditaire et ami une Cello Symphony, une Sonate pour violoncelle et piano et trois Suites pour violoncelle seul. Henri Dutilleux, un peu plus tard, écrit de 1967 à 1970 un concerto qui entrera dans le répertoire de tous les violoncellistes : Tout un monde lointain.

Passionné par l’opéra, il dirige en 1967 Eugène Onéguine au Bolchoï, premier concert en tant que chef d’orchestre.

En 1970, alors en pleine gloire, Mstislav Rostropovitch prend la défense du dissident politique Alexandre Soljenitsyne et héberge l’écrivain. Les conséquences sont immédiates : sa carrière de concertiste est brutalement stoppée. Contraint à l’exil avec sa famille, il s’installe dans un premier temps aux Etats-Unis.

En 1977, il devient directeur musical du National Symphony Orchestra de Washington- poste qu’il occupera pendant 25 ans. Cette même année Mstislav Rostropovitch crée le Concours International de Violoncelle Mstislav Rostropovitch à Paris. Ce concours, qui récompense la nouvelle génération, réunit un jury de prestige avec Luciano Berio, Henri Dutilleux, Raya Garbousova, Witold Lutoslawski,Pierre Penassou, ou encore Iannis Xenakis. Le premier Prix revient au jeune violoncelliste français Frédéric Lodéon.

En 1978, alors à Paris, il apprend dans les médias qu’il est déchu de sa citoyenneté soviétique pour « actes portant systématiquement préjudice au prestige de l'Union soviétique » et devient apatride.

A la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, Mstislav Rostropovitch prend l’avion le soir même des événements pour donner un concert improvisé le lendemain. Devant les spectateurs surpris, il interprète Bach « pour remercier Dieu d'avoir accompli un tel miracle ». Les images de ce concert devant le mur en cours de démolition feront le tour du monde et restent un des symboles de cet événement historique.

Il redevient citoyen russe en 1990, par décret de Mikhaïl Gorbatchev, et passe son temps entre Moscou, les Etats-Unis, la Suisse et la France.

Mstislav Rostropovitch décède le 27 avril 2007 à Moscou des suites d’une longue maladie. Il est enterré au cimetière de Novodevitchi, là où reposent ses amis Dimitri Chostakovitch et Sergueï Prokofiev.

- Rostropovich en dates

1951 Prix Staline
1970 Exil forcé avec toute sa famille
1989 Joue devant le mur de Berlin le lendemain de sa chute
1990 Redevient citoyen russe

- Rostropovich en disques

Mstislav Rostropovich – The Complete Decca Recordings
Coffret 5 CD
DECCA 0289 478 3577

Rostropovich – Mastercellist
Legendary recordings 1956-78
DEUTSCHE GRAMMOPHON 0289 471 6202 5

Henri Dutilleux : Tout un monde lointain / Lutoslawski : concerto pour violoncelle
Mstislav Rostropovich, violoncelle / Orchestre de Paris / Serge Baudo, direction
EMI Classics 7243 5 67867 2 1

Shostakovitch : Lady Macbeth of Mtsensk
Galina Vishnevskaya (Ekaterina) Nicolaï Gedda (Sergey) / London Philharmonic Orchestra / Mstislav Rostropovich, direction
EMI ‎– 7243 5 67776 2 0