Marin Alsop

Marin Alsop

Cheffe d'orchestre (New-York, 16 octobre 1956 - )

Inspirée par son mentor Leonard Bernstein, lauréate de la Juillard School, Marin Alsop, investie d’une volonté de rassembler par la musique, se voit confier la baguette à la tête des plus grands orchestres du monde.

De parents musiciens professionnels – son père est violon solo et sa mère violoncelliste du New York City Ballet -, Marin Alsop est tout d’abord initiée au piano, dès l’âge de trois ans, puis étudie le violon, son instrument d’affection avec lequel elle se retrouve acceptée à la Juilliard, où elle en sortira diplômée. Encore enfant, c’est en allant écouter un concert dirigé par Leonard Bernstein qu’elle eut la révélation de devenir chef d’orchestre. Ce qu’elle ignorait alors, du haut de ses neuf ans, c’est que cet homme deviendrait non moins que son maître, touchée tout autant que par ses qualités de maestro, par son humanité, son engagement à travers les causes qu’il défendait, sans oublier la façon qu’il avait de concevoir la musique en abolissant les clivages entre les genres. Outre Leonard Bernstein, Marin Alsop apprendra également auprès de Seiji Ozawa ou encore de Gustav Meier.
C’est en 1988 qu’elle reçoit le prix Koussevitzky décerné pour la première fois depuis dix ans au Music Center du Festival de Tanglewood. Un an plus tard, elle fait ses débuts avec le New World Symphony à Miami, puis avec le New York City Ballet. Nourrie de ces premières expériences fortes auprès d’un public déjà conquis, elle devient, en 1989, directrice musicale du Long Island Philharmonic. Puis, en 1993, se retrouve à la tête de l’Orchestre Symphonique du Colorado, succédant à Philippe Entremont. Sa carrière lancée, Marin Alsop collabore avec des orchestres de prestige, parmi lesquels le Colorado Symphony, ou encore le Cabrillo Music de Santa Cruz (Californie), l’Oregon Festival of American Music, les orchestres philharmoniques de New-York, Los Angeles, Washington, les orchestres de Cleveland, Chicago, ou encore l’Orchestre de Paris, le London Symphony Orchestra, le London Philhamonic Orchestra, le Royal Concertgebouw, le Royal Scottish National Orchestra, le Gewandhausorchester Leipzig, le Budapest Festival, le Filarmonica della Scala… Elle a été la première femme à qui il a été confié la baguette auprès de l’Orchestre Symphonique de Baltimore, de Boston, de la BBC (Proms, The Last Night), l’Orchestre de São Paulo, l’Orchestre Symphonique de la Radio de Vienne… Son répertoire est prioritairement symphonique.

En parallèle, Marin Alsop est animée par la volonté de créer et de développer des projets artistiques à échelle humaine. En 1981, elle crée un groupe de swing féminin à cordes appelé « String Fever ». En 1984, elle fonde l’orchestre Concordia dont la spécificité est d’allier deux répertoires : classique et jazz. En 2002, Marin Alsop crée la bourse de direction Taki Concordia pour permettre à de jeunes cheffes de profiter d’opportunités dans l’exercice de leurs talents. A l’égard de cette initiative, se voit émergées plusieurs figures féminines, une façon de démasculiniser le métier de chef d’orchestre ou en tout cas de ne pas lui en donner la faveur d’office. Marin Alsop est également à la tête d’un programme pour les jeunes des quartiers défavorisés de Baltimore, nommé « Orchkids », visant à fédérer une ouverture d’esprit par des rencontres avec des professionnels, et à créer des passerelles possibles vers un avenir plus prometteur que celui qui leur serait, au demeurant, destiné. C’est aussi créer des occasions pour que se rejoignent différentes communautés. Enfin, en 2020, elle lance un projet mondial en collaboration avec le Carnegie Hall pour le 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven, intitulé All Together : A Global Ode to Joy. Le concept consiste à donner en concert la neuvième symphonie de Beethoven sur les cinq continents avec neuf orchestres partenaires, dans un esprit réunificateur, d’unité et de justice. En véritable ambassadrice de la musique classique, comme convaincue qu’elle est chargée d’une mission, Marin Alsop pense de la musique qu’elle a véritablement le pouvoir de guérir et d’unir les gens sans réserve ni préjugé. Pour elle, ce moyen d’expression permet la tolérance et la compréhension.

Marin Alsop en 6 dates :

  • 2003 : est désignée artiste de l’année par le magazine musical Gramophone
  • 2005 : reçoit le prix MacArthur
  • 2008 : lancement d'OrchKids, le programme éducatif de Baltimore Symphony
  • 2011 : première femme en 230 ans à diriger au Théâtre de la Scala, Italie
  • 2017 : obtient un doctorat honorifique de l’Université de Yale
  • 2019 : nommée cheffe d’orchestre de l’ORF Vienna Radio Symphony Orchestra (première femme à diriger un orchestre vien

Marin Alsop en 6 enregistrements :

  • 1993 : George Gershwin, Blue Monday, Concorda Orchestra, Leslie Stifelman, EMI Classics (enregistrement en première mondiale)
  • 2007 : Igor Stravinsky, Le Sacre du Printemps, Orchestre Symphonique de Baltimore, iTunes Live
  • 2010 : Samuel Barber, Œuvres orchestrales complètes, Karina Gauvin (soprano) / Thomas Trotter  orgue) / Stéphane Rancourt (hautbois) / John Gracie (trompette) / Karen Jones (flûte) / Wendy Warner (violoncelle) / Stephen Prutsman (piano) / James Buswell (violon), Royal Scottish National Orchestra, Naxos
  • 2018 : Serge Prokofiev, Roméo et Juliette, Orchestre Symphonique de Baltimore, Naxos
  • 2018 : Leonard Bernstein, The Complete Naxos Recordings, Morgan State University Choir, The Washington Chorus, Baltimore Symphony Orchestra, Chœur et orchestre symphonique de Bournemouth, Chœur et orchestre symphonique de São Paulo, Naxos
  • 2019 : Jon Deak, Contes Symphoniques, Orchestre du Festival de Cabrillo, N

Site officiel

Biographie de la Documentation Musicale de Radio France, février 2020

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