Lalo Schifrin (Boris Claudio Schifrin)

Lalo Schifrin (Boris Claudio Schifrin)

Compositeur, chef d’orchestre et pianiste argentin (Buenos Aires, le 21 juin 1932)

Souvent associé à des bandes originales de films et de télévision, Lalo Schifrin est un artiste cosmopolite, capable de passer d’un genre musical à un autre tout en dirigeant de grands évènements. Auteur authentique d’une musique tour à tour nerveuse et lyrique, le voyageur Lalo Schifrin demeure un talent précieux dans le milieu du spectacle.

Né au sein d’une famille juive et mélomane, Boris Claudio Schifrin bénéficie d’une première éducation musicale par son père, violoniste au Teatro Colon de la capitale argentine. A l’âge de 6 ans, Lalo étudie piano et solfège avec Enrique Barenboïm (le père de Daniel), puis Andreas Karalis et l’harmonie avec Juan Carlos Paz. Dès l’adolescence, il s’intéresse au jazz. Plus tard, il étudie la sociologie et le droit à l’université. A 20 ans, grâce à une bourse, il étudie au Conservatoire de Paris avec notamment Olivier Messiaen, tout en jouant du jazz le soir dans les clubs parisiens. Au milieu des années 50, à son retour en Argentine, Lalo Schifrin fonde le premier orchestre de jazz argentin, qui remporte un succès réel en se produisant aussi pour la télévision. Embauché par le trompettiste Dizzy Gillespie, il le suit à New York en 1960 à la fois comme pianiste et arrangeur. Devenu directeur musical de Dizzy, mais fatigué du rythme des tournées, Lalo Schrifrin commence à enregistrer sous son propre nom et travaille avec d’autres jazzmen tels Count Baise, Stan Getz ou Sarah Vaughan. Ses propres compositions commencent à être connues.

A partir de 1963, Lalo Schifrin devient compositeur sous contrat à la Metro-Godwyn-Mayer. Son talent pour composer des musiques nerveuses, dans lesquelles les cuivres et percussions occupent une place de choix, est idéal pour les films à suspense. Schifrin compose plus d’une centaine de musiques pour le cinéma et la télévision parmi lesquels il convient de citer Bullit (1966), Alfred Hitchcock présente, Mannix (1969) et il signe en 1966 son air sans doute le plus célèbre : Mission : Impossible, qui lui vaut un Grammy Award en 1968. Dans les années 70, il signe des partitions de quelques grands succès au cinéma : L’Inspecteur Harry, Magnum Force, Amityiville la maison du diable… et le feuilleton La planète des singes.

Dans le même temps, il continue d’enregistrer dans le domaine du jazz, signe aussi un opéra rock Rock Requiem, et se tourne vers d’autres choix, chef d’orchestre ou superviseur de spectacles lyriques ou classiques. C’est ainsi qu’on le voit diriger de belles phalanges dans le monde entier comme l’Orchestre Philharmonique de Londres, l’Orchestre Symphonique de Vienne, l’Orchestre Symphonique de Los Angeles, celui de Sydney ou encore le Lincoln Center Chamber Orchestra. Lalo Schifrin honore aussi de nombreuses commandes, de Daniel Barenboïm au Sultanat d’Oman en passant par l’Orchestre Symphonique d’Honolulu. Petit retour à ses racines argentines en composant les Cantares Argentinos en 1992 pour la Los Angeles Master Chorale. Arrangeur pour les spectacles des trois ténors (Carreras, Pavarotti et Domingo), il en dirige les représentations à plusieurs reprises. Conscient de la proximité du jazz et de la musique symphonique, il enregistre toute une série intitulée Jazz meets the Symphony.

Sa musique est variée, multiculturelle car le jazz, la culture occidentale classique, la musique avant-gardiste du 20ème siècle et les rythmes de ses origines latino-américaines s’y rejoignent, favorisant sa reconnaissance universelle.

Lalo Schifrin en 6 dates :

  • 1955 : représente l’Argentine au Festival International de Jazz de Paris en jouant avec son compatriote Astor Piazzolla
  • 1960 : pianiste et arrangeur dans la troupe de Dizzie Gillepsie
  • 1989 : directeur musical du Glendale Symphony Orchestra en Californie
  • 1997 : crée avec son épouse, le label Aleph Records
  • 2016 : nommé Chevalier des Arts et Lettres
  • 2018 : reçoit un Oscar pour l’ensemble de sa carrière

Lalo Schifrin en 6 œuvres :

  • 1957 : signe la composition Gillespiana destinée à Dizzy Gillespie
  • 1963 : signe la musique du film de René Clément, Les Félins, coproduction franco-américaine avec Jane Fonda et Alain Delon.
  • 1992 : Concerto pour piano n°2, commande de la Fondation Steinway
  • 1999 : Latin Jazz Suite
  • 2001 : Symphony sketches of Oman, pour orchestre, commande du Sultan d’Oman
  • 2010 : Crosscurrents, pour 4 violoncelle

Biographie de La Documentation musicale de Radio France (avril 2021)

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