Giacomo Meyerbeer

Giacomo Meyerbeer

Compositeur allemand (Berlin, 1791 – Paris, 1864)

Giacomo Meyerbeer est le compositeur d’opéra le plus célèbre et le plus joué au XIXème. Son style est une habile synthèse entre la technique orchestrale allemande, le belcanto rossinien et la déclamation à la française.

Jakob Liebmann Meyer Beer naît au sein d’une riche famille berlinoise de confession juive. Il est l’aîné de quatre frères. De par la situation de sa famille au sein de la haute société berlinoise, le petit Jakob est en contact permanent avec les plus grands musiciens de son temps. Il reçoit un enseignement musical de professeurs particuliers, Franz Lauska, Muzio Clementi. Il joue pour la première fois en public le 14 octobre 1801, un concerto pour piano de Mozart. Il étudie la composition avec Carl Friedrich Zelter, professeur de Felix Mendelssohn. En 1810, à Darmstadt, il travaille avec l’Abbé Vogler. Il y rencontre Carl Maria von Weber avec lequel il va développer une véritable amitié. En 1812, il lie son 3è prénom à son nom, et se fait appeler Meyerbeer. Mais ses premières œuvres en allemand ne remportent pas vraiment de succès. Après un premier voyage à Paris en 1814, il se rend en Italie en 1816 et y reçoit une révélation avec l’opéra Tancredi de Rossini. Il se met à parcourir l’Italie, en quête de chants populaires et commence composer des opéras en italien. Emma di Resburgo (1819), Margherita d’Anjou (1820) et Il crociato in Egitto (1824) remportent un succès tel qu’ils seront traduits et joués dans toute l’Europe. En retour, Meyerbeer veut honorer l’Italie en adoptant le prénom Giacomo.

En 1825, il s’installe à Paris comme il le souhaitait depuis longtemps. Après la mort de son père, il épouse sa cousine Minna Mosson. Dès 1827, il entame une étroite collaboration avec le librettiste Eugène Scribe. En 1831, la création de Robert le diable est accueillie triomphalement. L’œuvre parachève le genre du « Grand opéra français», tragédie sur fond historique, aux décors fastueux. Paris devient un passage obligé des compositeurs d’opéra comme Donizetti, Verdi et même Wagner. Robert le Diable triomphe en Europe sauf à Berlin. En 1836, il achève et crée Les Huguenots, dont l’énorme succès en fera le premier opéra à atteindre la 1000ème représentation à l’Opéra de Paris. Mais un changement de direction à l’Opéra de Paris, combiné aux problèmes de santé de sa femme, le pousse à retourner s’installer à Berlin en 1841. De plus, l’accession au trône de Frédéric-Guillaume IV, l’année précédente, encourage l’émancipation des Juifs de Prusse : Les Huguenots va y être enfin créé. Meyerbeer est nommé Directeur Général de la Musique de l’Opéra Royal de Prusse en remplacement de Gaspare Spontini. Il y monte des opéras du grand répertoire (Mozart, Beethoven, Bellini, Wagner) et s’efforce d’améliorer les conditions de rémunérations des musiciens et des compositeurs. Il revient toutefois à Paris en 1848, préparer la création de son dernier opéra Le Prophète, qu’il va suivre dans plusieurs villes d’Europe. Le compositeur est à l’apogée de sa gloire. Mais, à partir de 1851, sa santé se détériore progressivement. En 1863, il achève son dernier grand opéra, L’Africaine. Il en prépare la production musicale, mais n’en verra jamais la représentation. L’œuvre sera finalement créée un an après sa mort.

Meyerbeer en 6 dates :

1812 : se fait appeler Meyerbeer

1816 : révélation de l’opéra italien avec Tancredi de Rossini

1825 : s’installe à Paris

1827 : début de la collaboration avec le librettiste Eugène Scribe

1841 : retourne vivre à Berlin

1848 : revient à Paris pour préparer la création du Prophète

Meyerbeer en 6 œuvres :

1820 : Margherita d’Anjou, opéra

1831 : Robert le diable, opéra

1836 : Les Huguenots, opéra

1848 : Le Prophète, opéra

1854 : L’Etoile du nord, opéra-comique

1863 : L’Africaine, opéra

Biographie de la Documentation de Radio France, novembre 2014

En savoir plus