Dietrich Fischer-Dieskau

Dietrich Fischer-Dieskau

Chanteur et chef d’orchestre allemand (1925 à Berlin – 2012 à Berg en Bavière).

Dietrich Fischer-Dieskau demeure l’un des plus grands chanteurs du 20ème siècle. Sa carrière reste hors norme par sa durée de près de cinquante ans, et par le volume et la diversité du répertoire abordé. Selon lui, l’approche tant intellectuelle que vocale de l’opéra et du lied ne les différenciait pas, ce qui explique qu’il ait autant brillé dans les deux domaines.

Dietrich Fischer-Dieskau commence à suivre des cours de chant à l’âge de 16 ans, en pleine Seconde Guerre Mondiale. Très vite, son exceptionnelle voix de baryton est remarquée et il intègre la classe d’Hermann Weissenborn au sein de la Musikhochschule de Berlin. Mais la guerre le rattrape. Mobilisé par l’armée allemande en 1943, il est fait prisonnier en Italie en 1945. Il donne son premier récital en captivité. Libéré en 1947, il retrouve l’enseignement de Weissenborn et donne ses premiers vrais récitals. Puis il fait ses débuts à l’Opéra de Berlin dans le rôle du Marquis de Posa dans Don Carlos de Verdi. En 1949, il fait sa première rencontre déterminante en la personne de Wilhelm Furtwangler avec lequel il développe une relation quasi-paternelle. Au cours des années 1950, sa carrière décolle. Il fait ses débuts au Festival de Salzbourg avec Fürtwangler dans les Lieder eines fahrendes Gesellen de Mahler, puis au Festival d’Edimbourg, au Festival de Bayreuth, et aux Etats-Unis. Il rencontre Karl Böhm qui fera de lui son chanteur de prédilection. Il est présent lors de la réouverture du Nationaltheater de Munich, en 1963, dans Die Frau ohne Schatten de Strauss. En 1965, il fait ses débuts au Covent Garden Opera de Londres dans Arabella de Strauss. Il donne aussi une série de récital avec Sviatoslav Richter. Au cours de sa carrière, il aura été accompagné par près de 70 pianistes ! Il caractérisait ainsi les trois les plus renommés : Sviatoslav Richter « le plus extrême », Gerald Moore « le plus achevé », Daniel Barenboim « le plus intime ». Mais il a aussi collaboré avec Leonard Bernstein, Jorg Demus, Alfred Brendel, Murray Perahia. Il s’est produit aussi sous la direction des plus grands chefs : Ferenc Fricsay, Herbert von Karajan, Otto Klemperer, Rudolf Kempe, Eugen Jochum, Georg Solti, George Szell, Rafael Kubelík, Karl Richter.
En 1971, Dietrich Fischer-Dieskau est le premier musicien allemand à se produire en Israël. Deux ans plus tard, il entame une carrière de chef d’orchestre. Il dirige ainsi le Camerata Academica de Salzbourg, le Scottish National Opera, l’English Chamber Orchestra. Puis, en 1974, il prend la tête du Los Angeles Philharmonic Orchestra et de l’Orchestre Philharmonique d’Israël. En 1981, il participe à un concert de gala pour le 200ème anniversaire du Gewandhaus de Leipzig. En 1983, il incarne le premier rôle dans une version de concert du Saint François d’Assise de Messiaen, à Salzbourg. Dans le domaine pédagogique, il enseigne à la Hochschule der Künste de Berlin à partir de 1983 et donnera par la suite des cours de chant à Côme, Lübeck et Feldkirch. Il fait ses adieux à la scène en 1992. Dietrich Fischer-Dieskau est le chanteur qui a le plus enregistré au cours de sa carrière. Il commence à la Radio de Berlin en 1947 avec le Winterreise de Schubert. Il grave son premier disque en 1949 chez Deutsche Grammophon avec les Vier ernste Gesänge de Brahms. En 1969, il achève un monument de la discographie : l’intégrale des lieder de Schubert (à l’exception de ceux qu’il jugeait écrits exclusivement pour une voix féminine), intégrale qu’il complète par celles de Brahms, Liszt, Schumann et Wolf. Grand promoteur de la musique contemporaine allemande, il contribue à de nombreuses créations : l’Elegie für junge Liebende (1961) et Das Floss der Medusa (1968) de Werner Henze, le Requiem (1982), Lear-Fragmente (1980) et Shine and dark (1991) d’Aribert Reimann, Umsungen (1984) de Wolfgang Rihm, Der Die Gesäng Zerschlug (1985) de Peter Ruzicka, Nachtlieder (1988) de Siegfried Matthus. Il ne néglige pas pour autant les compositeurs étrangers, et participe à la création du War requiem (1965) et des Songs and proverbs of William Blake (1965) de Britten. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur le chant, sur le lied en général, et sur ceux de Schubert en particulier. Enfin, Dans le domaine privée, Dietrich Fischer Dieskau a eu trois épouses : Irmgard Poppen en 1949, Ruth Leuwerick en 1965, Julia Varady en 1977.
Dietrich Fischer Dieskau en 6 dates :
1949 : rencontre Furtwangler
1969 : achève l’enregistrement de la quasi-intégrale des lieder de Schubert
1973 : entame une carrière de chef d’orchestre
1977 : épouse Julia Varady
1983 : version de concert de Saint François d’Assise de Messiaen, à Salzbourg
1992 : fait ses adieux à la scène

Biographie de la documentation de Radio France, Juin 2017