David Oïstrakh

David Oïstrakh

Violoniste et chef d’orchestre russe (Odessa, 1908 - Amsterdam, 1974)

Bénéficiant d’une permission de se rendre à l’Ouest - chose rare pour un ressortissant de la Russie soviétique - David Oïstrakh a pu faire apprécier au monde sa technique irréprochable associée à des qualités musicales exceptionnelles. Cela lui a valu d’être considéré comme le plus grand violoniste du XXème siècle.

David Fiodorovitch Oïstrakh naît d’un père officier dans l’armée et d’une mère choriste d’opéra. Il assiste ainsi très tôt à des répétitions lyriques. A cinq ans, il reçoit son premier violon. Son professeur est Piotr Solomonovitch Stoliarski, dans la classe duquel il fréquente Nathan Milstein. Il n’est pas un enfant prodige, mais très doué, assidu et passionné. De plus, l’environnement culturel très riche d’Odessa le pousse beaucoup dans son développement artistique. Il donne son premier concert en 1923 avec, au programme, un concerto de Jean-Sébastien Bach et les Airs bohémiens de Pablo de Sarasate. Il effectue sa première tournée en Ukraine en 1925, puis quitte le conservatoire l’année suivante. Ses programmations sont osées pour un jeune soliste. Il n’hésite pas à se lancer dans la Chaconne de Bach ou le très difficile Concerto n°1 de Sergueï Prokofiev qui vient d’être créé à Paris en 1923. C’est donc un violoniste déjà expérimenté qui se présente aux grands concours internationaux dans les années 1930. En 1935, il est second au Concours International de Violon Henryk Wieniawski à Varsovie derrière Ginette Neveu. Deux ans plus tard, il remporte le premier prix du premier Concours Eugène Ysaÿe (devenu depuis le Concours musical international Reine-Élisabeth-de-Belgique).

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, David Oïstrakh s’illustre en se produisant devant les soldats. Il fonde un trio avec Lev Oborine au piano et Sviatoslav Knouchevitskiau violoncelle. Il obtient par la suite le Prix Staline et se voit décerner l’Ordre de Lénine. Sa carrière prend alors une dimension internationale, car le gouvernement soviétique l’autorise progressivement à donner des concerts à l’Ouest. En 1951, il apparaît au festival « Maggio Musicale » de Florence, puis se rend en Allemagne de l'Est pour le festival Beethoven (1952), en France (1953), en Angleterre (1954), et aux Etats-Unis (1955).

David Oïstrakh devient ainsi l’un des plus grands ambassadeurs de l’art soviétique dans le monde. En 1959, il se lance dans la direction d’orchestre. Mais le rythme imposé par une double carrière menée à travers le monde a raison de sa santé. Il fait un premier infarctus en 1964. Et en 1974, alors qu’il dirige un cycle Brahms à la tête du Concertgebouw d’Amsterdam, il meurt brutalement à l’âge de soixante-six ans. Son corps est rapatrié à Moscou et inhumé au cimetière de Novodevitchi.

Le musicien laisse une discographie très importante qui couvre l’ensemble du répertoire de violon de Bach à Prokofiev, de la musique de chambre au concerto. Très proche des compositeurs de son temps, il a créé de nombreuses œuvres dont il était le dédicataire, notamment le Concerto pour violon d'Aram Khatchatourian, la Sonate pour violon n° 1 de Prokofiev et les deux Concertos pour violon de Dimitri Chostakovitch. Il est le père du violoniste Igor Oïstrakh.

David Oistrakh en 6 dates :

  • 1923 : premier concert au cours duquel il interprète un concerto de Bach
  • 1937 : Premier Prix du Concours Ysaye
  • 1940 : fonde un trio avec Lev Oborine et Sviatoslav Knouchevitski
  • 1955: création du Concerto pour violon n° 1 de Chostakovitch
  • 1959: commence une carrière de chef d’orchestre
  • 1967 : création du Concerto pour violon n° 2 de Chostakovitch

David Oistrakh en 6 disques :

  • 1960 :Concerto pour violon de Brahms, EMI
  • 1962 :3 Concertos pour violon de Bach, avec Igor Oistrakh, Universal
  • 1969 :Triple concerto de Beethoven, avec Rostropovitch et Richter, EMI
  • 1972 :Concertos pour violon n°4 et 5 de Mozart, EMI
  • 1979 :Trio n°3 de Beethoven, avec Oborine et Knouchevitski, Melodiya
  • Concerto pour violon de Tchaikovsky, Melodiya

Biographie de la Documentation musicale de Radio France, novembre 2015

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