Christian Ferras

Christian Ferras

Violoniste français (1933, Le Touquet – 1982, Paris)

Disparu prématurément, Christian Ferras suscite encore aujourd’hui la fascination qu’exercent les enfants prodiges. Soliste dès l’âge de treize ans, il n’a cessé d’élargir son répertoire au fil des années et des rencontres.

Christian Ferras commence l’étude du violon à l’âge de sept ans, avec son père Robert Ferras, lui-même ancien élève de Marcel Chailley. C’est une révélation pour le jeune garçon. Un an plus tard, il entre au Conservatoire de Nice, dans la classe de Charles Bistesi et se produit pour la première fois en soliste sur scène, accompagné d’un orchestre, en 1942. En 1945, sa famille se fixe à Paris : Christian Ferras intègre le Conservatoire où il se perfectionne auprès de René Benedetti (violon) et Joseph Calvet (musique de chambre). A seulement treize ans, il remporte le premier prix de violon pour son interprétation du Concerto de Brahms.

Dès lors, les tournées et les concours se succèdent : à 26 ans, Christian Ferras fait déjà le tour du monde. Il se produit en soliste sous la direction de grands chefs comme Karajan, Maazel, Münch en trio avec Pablo Casals et William Kempff ou encore en duo, avec le pianiste Pierre Barbizet. Sujet au trac, il est contraint d’interrompre sa carrière de soliste : c’est à cette époque qu’il se tourne vers l’enseignement et devient professeur au Conservatoire de Paris. Sept ans plus tard, en 1982, il revient sur le devant de la scène mais il est rapidement rattrapé par la dépression. Il met fin à ses jours le 14 septembre 1982 en se défenestrant de son appartement parisien.

Amoureux de la musique de chambre, Christian Ferras a consacré l’essentiel de son activité à un répertoire intimiste. Egalement attiré par la musique contemporaine, il fut l’un des interprètes marquants du Concerto à la Mémoire d’un Ange d’Alban Berg ou de la Sonate pour violon seul d’Arthur Honegger, dont il est le dédicataire.

En quelques dates

1948 : obtient une dispense d’âge pour le concours de Scheveningen et remporte le premier prix. 1954 : acquiert son premier Stradivarius, le Président (1721).

1960 : enregistre l’intégrale des Sonates pour violon et piano de Beethoven et reçoit le Grand Prix du Disque pour l’ensemble de ces enregistrements.

1963 : joue devant le Pape Jean XXIII au Vatican.

1965 : création de la Sonate pour violon seul de Serge Nigg à New-York.

1967 : remporte un triomphe au premier festival de Pâques de Salzbourg pour son interprétation du Concerto en mi majeur de J.S. Bach, avec la Philharmonie de Berlin sous la direction de Karajan.

Biographie de la Documentation de Radio France, décembre 2015.