Cécile Ousset

Pianiste française (1936 à Tarbes)

Enfant prodige, artiste précoce et friande de défis, Cécile Ousset n’en est pas moins restée boudée par les scènes françaises, alors qu’elle était largement reconnue par le public anglais, mais aussi en Australie et au Japon. Sa carrière internationale reste un exemple de réussite pour les artistes femmes de l’après-guerre.

Cécile Ousset est la septième et dernière d’une « fratrie » de filles. Enfant précoce grandissant dans un environnement musical, elle donne son premier récital à l’âge de 5 ans. A 11 ans, elle entre au CNSM de Paris, dans la classe de Marcel Ciampi. Elle en ressort en 1950 avec un Premier Prix. Par la suite, elle remporte le Concours  Marguerite Long, et obtient, en 1956, le quatrième Prix du Concours Reine Elisabeth de Belgique, en concurrence avec Vladimir Ashkenazy (1er Prix), Lazar Berman, Tamas Vasary et Peter Frankl. En 1962, elle remporte le premier Prix au Concours Van Cliburn. Et pourtant, elle peine à trouver un agent. Il subsiste encore, dans le circuit des salles de concert, une méfiance certaine à l’égard des artistes femmes, susceptibles d’interrompre leur carrière pour faire des enfants. Cécile Ousset ne manque pourtant pas de qualités. Doté d’une technique impressionnante, elle transcende le public avec son expressivité et son inspiration. Elle a la capacité d’apprendre une œuvre très rapidement, comme le Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov qu’elle assimile en seulement deux semaines avant un concert ! Cela lui permet de renouveler son répertoire chaque année. Elle ne veut pas marcher sur les traces des pianistes qui, selon ses propres mots,  « font carrière avec trois concertos en poche ».

En 1978, après un concert avec l’Orchestre National de France dirigé par Kurt Sanderling, elle enchaîne une tournée dans toute l’Europe. Deux ans plus tard, en remplaçant Martha Argerich au Festival d’Edimbourg, elle donne un récital triomphal qui lui ouvre les portes du Royaume-Uni. En 1982, elle refait parler d’elle, à Londres cette-fois, lors d’un concert symphonique au Royal Festival Hall au cours duquel elle interprète le Concerto pour piano n°2 de Brahms sous la direction de Kurt Masur. L’œuvre, considérée comme une des plus difficiles du répertoire sur le plan technique, n’est que très rarement interprétée par une artiste femme. Cécile Ousset est d’ailleurs la première à l’enregistrer. La presse anglaise est dithyrambique. L’Observer titre « Plenty of muscle », tout en soulignant le grand potentiel expressive de la pianiste française. Ce dernier succès constitue pour elle un véritable tremplin vers la carrière mondiale. Cécile Ousset joue alors à Hong-Kong, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud. Elle se produit avec de très grands chefs d’orchestre comme Kurt Masur, Neville Marriner, Simon Rattle, Pierre Dervaux, Igor Markevitch, et d’autres encore. En 1993, elle fait ses débuts à New York avec le Concerto pour piano n°2 de Saint Saëns, dirigé par Kurt Masur alors directeur de l’Orchestre Philharmonique de New York. Elle accepte les défis qu’on lui propose, comme cette intégrale Ravel en deux soirées consécutives, qu’elle donne à Londres puis à Düsseldorf en 1994. Cécile Ousset s’éloigne des salles de concert en 2006.

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Cécile Ousset en 6 dates :

  • 1950 : premier Prix au CNSM de Paris.
  • 1962 : premier Prix au Concours Van Cliburn.
  • 1978 : concert avec l’Orchestre National de France et Kurt Sanderling.
  • 1980 : début de carrière anglaise au Festival d’Edimbourg.
  • 1993 : débuts à New York avec Kurt Masur.
  • 2006 : s’éloigne des salles de concert.

Cécile Ousset en 6 enregistrements :

  • Carnaval de Schumann, Decca, 1974.
  • Concerto pour piano n°2  de Brahms, dir. Kurt Masur, Decca, 1975.
  • Intégrale des Variations pour piano de Beethoven, Drcca, 1977.
  • Concertos pour piano de Saint-Saëns (n°2) et de Liszt (n°1), dir. Simon Rattle, Emi, 1982.
  • Œuvres pour piano de Ravel, Emi, 1990.
  • Concertos pour piano de Ravel, dir. Simon Rattle, Emi, 1991.

Biographie de la Documentation Musicale de Radio France, août 2020.

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