Cécile Chaminade

Cécile Chaminade

Compositrice et pianiste française (Paris, 8 août 1857 - Monte-Carlo, 13 avril 1944)

En cette fin de XIXème siècle, Cécile Chaminade réalise un double exploit : celui, en étant une femme, de mener de front des carrières d’interprète et de compositrice. Sa reconnaissance internationale est parfaitement justifiée au regard de son talent.

Cécile Chaminade grandit au sein d’une famille bourgeoise sous l’autorité d’un père directeur dans les assurances. Elle se montre très précoce en musique et reçoit de sa mère pianiste ses premiers cours de piano. Elle est très vite remarquée par Georges Bizet, qui fréquente la maison de la famille au Vésinet, et qui la surnomme son « petit Mozart ». Il l’encourage à entrer au conservatoire, mais le père refuse, destinant sa fille à une vie de femme bourgeoise, « épouse et mère ». La jeune Cécile se contente de cours privés mais assimile très vite les leçons de piano, d’harmonie et de contrepoint. En 1877, elle profite de l'absence de son père en voyage pour donner son premier concert public, aux côtés du violoniste belge Martin-Pierre Marsick, dans des trios de Beethoven. Son talent est immédiatement reconnu, notamment avec les encouragements de Camille Saint-Saëns et Emmanuel Chabrier. Sa carrière de pianiste démarre, suivie par celle de compositrice. En 1882, elle fait connaître son opéra-comique La Sévillane, op 19, qui est créé dans la foulée à la salle Favart, puis donné à la salle Pleyel et à la salle Erard.

La carrière de Cécile Chaminade prend un tournant international à partir de 1890, lorsque la pianiste va jouer à Londres tous les ans. Elle est même invitée par la reine Victoria en personne à séjourner à Windsor. En 1901, elle épouse Louis-Matthieu Carbonel, un éditeur de musique, mais se retrouve veuve au bout de six ans de mariage. Après avoir parcouru l’Europe, elle traverse l’Atlantique en 1908, pour une tournée à succès aux Etats-Unis. Les salles combles lui réservent un accueil très chaleureux, malgré une critique musicale puritaine et conservatrice à l’égard des femmes.

Cependant, à l’aube de la Première Guerre Mondiale, la vie de Cécile Chaminade bascule à nouveau. Après avoir subitement cessé de composer, elle accepte d’assumer la direction d’un hôpital londonien, renonçant ainsi à sa vie de concertiste. La fin de la guerre n’annonce malheureusement pas son retour à la scène, seulement quelques compositions. Cécile Chaminade voit sa santé se détériorer jusqu’à subir l’amputation d’un pied. Elle se retire à Monte-Carlo où elle décède le 13 avril 1944, presque oubliée. A partir de son opus 1, 2 Mazurkas pourpiano, qu’elle compose à douze ans, elle laisse un catalogue de quatre cents œuvres, dont cent cinquante mélodies et deux cents pièces pour piano, de la musique de chambre et quelques œuvres pour orchestre.

Cécile Chaminade en 6 œuvres :

  • Suite pour orchestre, op 20 (1881)
  • Trio n°2 pour piano, violon et violoncelle, op 34 (1886)
  • Callirhoë, ballet, op 37 1888)
  • Concertstück pour piano et orchestre, op 40 (1888)
  • Les Sylvains, suite pour piano, op 60 (1892)
  • Concertino pour flûte et orchestre, op 107 (1902)

Cécile Chaminade en 6 dates :

  • 1877 : premier concert public
  • 1892 : premiers concerts à Londres
  • 1901 : elle se marie
  • 1908 : tournée aux Etats-Unis
  • 1913 : elle est décorée de la Légion d’Honneur
  • 1914 : elle prend la direction d’un hôpital à Londres

Biographie de la Documentation Musicale de Radio France, avril 2021 

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