Carlos Kleiber

Carlos Kleiber

Chef d’orchestre (1930, Berlin – 2004, Konjšica Slovénie)

Fils du chef allemand Erich Kleiber, Carlos Kleiber est un chef d’orchestre aussi talentueux que rare sur scène. Durant l’ensemble de sa carrière il refusera d’ailleurs tout attachement formel à une maison d’opéra ou un orchestre.

Installée à Berlin, où le père Erich Kleiber occupe le poste de directeur musical du Staatsoper, la famille Kleiber quitte l’Allemagne en 1935 pour des raisons politiques et rejoint l’Amérique du Sud. Erich Kleiber est alors régulièrement invité à diriger le Teatro Colon de Buenos Aires : c’est dans cette ville que le jeune Carlos commence à étudier la musique avant de rejoindre à nouveau l’Europe aux côtés de sa famille. Pour faire plaisir à son père qui tente de le dissuader d’embrasser la carrière de musicien, Carlos Kleiber entreprend des études de chimie à l’Ecole Supérieure Fédérale de Zurich. Mais la musique le rattrape en 1952 puisqu’il accepte un poste de répétiteur au Théâtre de la Gärtnerplatz à Munich. Il fait ses débuts de chef d’orchestre à Postdam en 1954 avant d’être engagé deux ans plus tard au Deutsche Oper am Rhein de Dusseldorf, puis en 1964 à l’Opéra de Zurich. Dès 1966, il se lie particulièrement aux opéras de Stuttgart et de Munich, où il donnera d’ailleurs plusieurs représentations remarquées et qui feront date dans sa carrière.

Durant les années 1970 et 1980, Carlos Kleiber assied son goût prononcé pour l’opéra en dirigeant des productions telles que Tristan et Isolde au Festival de Bayreuth en 1974, réunissant Catarina Ligendza, Helge Brilioth et Yvonne Minton ou encore La Bohème de Puccini au Metropolitan Opera de New York en 1988 avec Luciano Pavarotti et Mirella Freni.
Il conduira également à deux reprises le traditionnel Concert du nouvel an à Vienne, en 1989 et 1992. En dehors de l'opéra, il mettra tout particulièrement à l’honneur les symphonies de Beethoven, Schubert, Mozart et Haydn.

Carlos Kleiber enregistre sur le tard son premier disque est consacré à l’intégrale du Freischütz, opéra de Carl Maria von Weber, qu’il grave en 1973 à Dresde pour la Deutsche Grammophon. Un an plus tard, il enregistre à Vienne la Symphonie n°5 de Beethoven avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne. Sa discographie discrète et ses rares apparitions en concert lui donnent rapidement l’image d’un chef génial et inaccessible. Pressenti pour succéder à Karajan (suite à la mort de celui-ci) en 1989 à la tête de l'Orchestre philharmonique de Berlin, il déclinera la proposition.

En quelques dates

1966 : dirige Wozzeck d'Alban Berg au Festival d'Édimbourg, une œuvre dont son père avait assuré la première mondiale à Berlin en 1925.
1973 : Premier enregistrement avec Le Freischütz de Carl Maria von Weber.
1974 : Première direction à Bayreuth.
1989 : dirige le Concert du Nouvel An à Vienne.
1999 : donne ses derniers concerts et fait ses adieux à la scène.

Biographie de la Documentation de Radio France, janvier 2016.