Bernard Haitink

Bernard Haitink

Chef d’orchestre néerlandais (1929 à Amsterdam)

La carrière de Bernard Haitink est pour le moins atypique. Il débute à la tête de l’une des plus grandes phalanges au monde, il se met à l’opéra à près de cinquante ans... Au final, il reste aujourd’hui l’un des piliers de la grande tradition du répertoire romantique allemand, mûrissant ses interprétations et menant à bien ses conceptions musicales.

Bernard Haitink a huit ans lorsqu’il assiste à son premier concert, un concert dirigé par le grand chef néerlandais Willem Mengelberg. Cet évènement fait éclore sa vocation musicale. Il commence à étudier le violon au Conservatoire d’Amsterdam ce qui l’amènera à intégrer l’Orchestre Philharmonique de la Radio Néerlandaise. Mais il se sent attiré par la direction qu’il travaille d’abord auprès de Felix Hupka, puis de Ferdinand Leitner à Hilversum dans le cadre des cours de direction organisés par la Radio néerlandaise. En 1955, Leitner lui confie le poste de second chef de l’Orchestre Philharmonique de la Radio néerlandaise. Deux ans plus tard, il devient premier chef. En 1956, il est invité pour la première fois par l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam. Puis il traverse l’Atlantique pour faire ses débuts à la tête des orchestres de Los Angeles et San Francisco. 

En 1961, c’est la consécration : Bernard Haitink succède à Eduard von Beinum à la tête de l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam. Cette collaboration va durer 27 ans. A partir de là, il devient un chef très prisé et sollicité par les plus grandes formations.  En 1967, il est nommé chef principal de l’Orchestre Symphonique de Londres. L’année suivante, il enregistre la Symphonie n°2 de Gustav Mahler avec les chanteuses Aafje Heynis et Elly Ameling. Un peu avant la fin de son contrat à Londres, en 1978, il prend la direction du Festival de Glyndebourne. Il enchaîne de la même façon, en 1987, avec le Covent Garden de Londres. Conscient du rôle primordial de la formation des jeunes musiciens, il accepte la direction musicale de l’Orchestre de la Jeunesse de l’Union Européenne de 1994 à 1999. Ayant peu dirigé en France, il fait ses débuts à la tête de l’Orchestre National de France en 2000 et dirige, l’année suivante, la Symphonie n°6 de Mahler au Théâtre des Champs-Elysées. En 2002, il devient directeur de la Staatskappelle de Dresde, puis, en 2006, chef principal de l’Orchestre Symphonique de Chicago, aux côtés de Pierre Boulez. Il revient à la Maison de Radio France en 2015, pour diriger la Symphonie n°9 de Bruckner dans le nouvel auditorium récemment inauguré. Dès lors, libéré de tout engagement, il dirige en tant que chef invité et reçoit des titres honorifiques à l’Orchestre Philharmonique de Berlin, l’Orchestre Symphonique de Chicago et à l’Orchestre Royal du CGA. Mais, en 2019, il chute accidentellement à la fin d’un concert, et met un terme à sa carrière à Lucerne le 6 septembre. Il  a à son actif, une abondante discographie, constituée en grande partie  par des intégrales symphoniques des grands compositeurs romantiques, Johannes Brahms, Ludwig von Beethoven, Gustav Mahler, Anton Bruckner, et même Dimitri Chostakovitch. Reconnu comme un des plus grands chefs d’opéra, il reçoit un Grammy pour l’enregistrement de Jenufa de Janacek.  

Bernard Haitink en 6 dates 

  • 1937 : assiste à  son premier concert 
  • 1961 : directeur du Concertgebouw d’Amsterdam, pour 27 ans 
  • 1978 : directeur du Festival de Glyndebourne 
  • 1987 : directeur du Covent Garden 
  • 2002 : débuts à l’Orchestre National de France 
  • 2019 : met un terme à sa carrière 

Bernard Haitink en 6 enregistrements 

  • Les 5 Concertos pour piano de Beethoven, avec Claudio Arrau, Philips, 1964 
  • Symphonie n°2 de Mahler, avec Aafje Heynis et Elly Ameling, Philips, 1968 
  • Symphonie n°8 de Bruckner, Philips, 1981 
  • Symphonie n°15 de Chostakovitch, Decca, 1983 
  • Symphonie n°4 de Brahms, Philips, 1992 
  • Jenufa de Janacek, avec Karita Mattila, Warner, 2001 

Biographie de la Documentation Musicale de Radio France, Septembre 2020 

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