Arturo Benedetti-Michelangeli

Arturo Benedetti-Michelangeli

Pianiste italien (1920, Brescia - 1995, Lugano)

Considéré comme un pianiste fantasque et distant, Arturo Benedetti Michelangeli cultivait le perfectionnisme jusqu’à l’extrême. Sa parfaite connaissance de son instrument l’amenait à jouer sur des pianos qu’il réglait et accordait lui-même.

Arturo Benedetti Michelangeli découvre la musique avec le violon, à l’âge de quatre ans, mais une pneumonie le contraint à abandonner cet instrument il se tourne alors vers le piano. Il entre en 1931 au Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan où il travaille durant trois ans auprès de Giovanni Maria Anfossi. Après une septième place au Concours International Eugène Ysaÿe à Bruxelles - le jury comporte entre autres le pianiste Artur Rubinstein - Arturo Benedetti Michelangeli obtient en 1939 le premier prix au Concours International de Genève. Présent dans le jury, Alfred Cortot aurait lancé : « c’est le nouveau Liszt, il rend le piano plus fluide. »

Dès le début des années 40, Arturo Benedetti Michelangeli est nommé professeur au Conservatoire Martini de Bologne et signe parallèlement ses premiers enregistrements. La guerre le contraint à mettre sa carrière entre parenthèses il est enrôlé dans l’armée de l’air italienne et participe à la résistance antifasciste avant d’être fait prisonnier par les allemands. A la fin du conflit mondial, il fait ses premières tournées, d’abord en Angleterre (1946), puis aux Etats-Unis (1948). Une santé fragile le contraint à se retirer de la scène pendant plusieurs années, durant lesquelles il enseigne dans plusieurs villes italiennes : Venise, Arezzo, Sienne… Il crée à la même période une Académie Internationale de Piano que fréquentent bientôt suivre les pianistes Walter Klein, Jörg Demus, Martha Argerich et Maurizio Pollini.

A partir de 1959, il refait quelques apparitions sur scène mais annule de plus en plus fréquemment ses concerts, toujours par souci de santé. C’est à cette époque que se forge son image de pianiste énigmatique, distant et prétentieux auprès de la critique. Néanmoins, le public le sollicite et sa renommée s’étend au monde entier durant les années 60, il se produit en URSS, au Japon, en Amérique du Sud et à nouveau aux Etats-Unis.
Installé en Suisse en 1968, sur les bords du lac de Lugano, il poursuit son activité d’enseignant, en particulier à la Villav Schifanoia à Florence. Pendant les années 70 et 80, il se tourne davantage vers l’enregistrement, notamment pour le label Deutsche Grammophon. Durant les vingt dernières années de sa vie, Arturo Benedetti Michelangeli ne donne plus qu’un nombre de concerts très restreints et aux côtés de chefs exigeants, comme Carlo Maria Giulini ou Sergiu Celibidache. En 1988, il est victime d’une rupture d’anévrisme lors d’un concert à Bordeaux il survit grâce à la présence d’un médecin dans la salle. Il s’éteindra sept ans plus tard des suites d’une crise cardiaque.

En quelques dates

1949 : début de la reconnaissance internationale se produit pour les commémorations du centenaire Chopin.
1964 : fonde le Festival pour piano de Brescia et Bergame.
1968 : s’installe en Suisse, à Lugano ou il restera jusqu’à son décès en 1995.
1974 : donne le Concerto pour piano n°5 de Beethoven au Théâtre des Champs-Elysées, accompagné par l’Orchestre National de France dirigé par Sergiu Celibidache.
1975 : donne un concert au Vatican devant un public de 8000 personnes.
1993 : donne son dernier concert, le 7 mai à Hambourg.

Biographie de la Documentation de Radio France, mars 2016.

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