Albert Roussel

Albert Roussel

Compositeur français (Tourcoing, 05/04/869 – Royan, 23/08/1937)

D’abord officier dans la marine, Albert Roussel entreprend des études musicales sérieuses assez tardivement. Pédagogue renommé, son œuvre musicale très variée s’inspire d’un exotisme puisé lors de ses nombreux voyages et fait preuve d’une grande originalité inscrite dans la tradition française.

Albert Roussel naît au sein d’une famille bourgeoise tourquennoise. Orphelin de ses deux parents à l’âge de huit ans, il est recueilli par son grand-père maire de Tourcoing, Charles Roussel-Defontaine, puis, à la mort de ce dernier, par son oncle Félix Réquillard. Très vite, il se sent attiré par la mer et décide qu’il sera marin. En 1884, il entre au collège Stanislas à Paris et prépare l’Ecole Navale qu’il intègre trois ans plus tard. En 1889, il entame une période de cinq années de campagnes de navigation, successivement au Proche-Orient, en Atlantique, puis en Extrême-Orient. Mais les conditions de vie en mer sont éprouvantes. A son retour, en 1894, il obtient un congé de la Marine pour raisons de santé, et se tourne vers la musique. Il étudie l’harmonie avec Julien Koszul (le grand-père d’Henri Dutilleux), et le contrepoint et la fugue avec Eugène Gigout. En 1898, il est admis à la Schola Cantorum et travaille auprès de Vincent d’Indy. Il assimile cet enseignement si rapidement qu’il devient professeur de contrepoint dans la même école dès 1902. Il compte parmi ses élèves Paul Le Flem, Roland-Manuel, Erik Satie ou encore Edgar Varèse. La même année, il est définitivement rayé des cadres de la Marine. D’autre part, ses œuvres commencent à être jouées. 

En 1908, il épouse Blanche Preisach. L’année suivante, le couple effectue son voyage de noces aux Indes et au Cambodge. A son retour, Albert Roussel connaît un franc succès avec son ballet Le Festin de l’araignée en 1913. Un an après, à la déclaration de la Première Guerre Mondiale, il démissionne de la Schola Cantorum. Déclaré inapte par l’armée, il s’engage dans la Croix Rouge, puis est finalement incorporé dans l’artillerie en 1915. Durant ces années dramatiques, il trouve néanmoins le temps de composer son opéra Padmavati. A la fin du conflit, il reprend l’enseignement mais en privé. Sa réputation de fin pédagogue s’étend. Il reçoit ainsi Bohuslav Martinu, Jean Martinon, Hans Krasa. A partir de 1920, il s’installe à Varengeville, près de Dieppe et se consacre à la composition. Au cours de cette dernière période de sa vie, il compose ses grands chefs d’œuvres symphoniques : les 3ème et 4ème Symphonie, la Suite en fa, la Sinfonietta et, surtout, son ballet Bacchus et Ariane. Albert Roussel décède en 1937 à Royan, et est enterré à Varengeville.

Son œuvre couvre tous les genres : musique instrumentale pour divers instruments solistes, musique de chambre, musique symphonique et concertante, des ballets, des opéras et des mélodies. L’écoute de ces chefs d’œuvre peut donner l’impression qu’ils ont été composés par un musicien en marge des courants artistiques, tellement cette musique respire l’énergie, la vitalité, la liberté. En vérité, si Albert Roussel a su se libérer des influences de Claude Debussy et de Vincent d’Indy, il reste attaché à la tradition française, par ses audaces harmoniques et sa maîtrise orchestrale, qu’il enveloppe dans un cadre rythmique riche et audacieux lui aussi.  

Albert Roussel en cinq dates :

  • 1887 : intègre l’Ecole Navale
  • 1898 : admission à la Schola Cantorum
  • 1902 : rayé des cadres de la Marine, il devient professeur à la Schola Cantorum
  • 1915 : incorporé dans l’artillerie
  • 1920 : il se consacre à la composition

Albert Roussel en cinq œuvres :

  • Le Festin de l’araignée, ballet pour orchestre (1912)
  • Padmavati, opéra (1918)
  • Suite en fa, pour orchestre (1926)
  • Bacchus et Ariane, ballet pour orchestre (1930)
  • Symphonie n°4, pour orchestre (1934)

Biographie de la Documentation Musicale de Radio France (mars 2018)

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