Un opéra s’inspire de la pire restauration d’une fresque représentant le Christ

La restauration complètement ratée d’une fresque dans une église espagnole en 2012 inspire un librettiste américain, Andrew Flack, pour son prochain opéra.

Un opéra s’inspire de la pire restauration d’une fresque représentant le Christ
Fresque Christe restauré et raté

La photo de la fresque restaurée avait fait le tour du web. On y voyait l’une des pires restaurations de l’histoire. L’auteur de ce ratage complet s’appelle Cecilia Gimenez, octogénaire espagnole originaire de Borja (nord-est de Madrid), ville qui abrite la fresque désormais célèbre.

Tellement célèbre que le librettiste Andrew Flack a décidé d’en faire un opéra : « Quand j’ai entendu pour la première fois l’histoire de Cecilia, je me suis dit que ça pourrait faire une super pièce », témoigne l’Américain.

Pour monter son projet, Andrew Flack rencontre l’ « artiste » espagnole un an après sa restauration. Il recueille son témoignage : « Elle était dévastée quand c’est arrivé, raconte le librettiste, elle se sentait tellement mal qu’elle a fait une dépression et devait prendre des médicaments. »

Il faut dire que les internautes en ont largement profité pour relayer l’information, images à l’appui et détournant de mille façon ce ratage complet.

Grâce à ce succès rencontré sur internet, Cecilia Gimenez a permis malgré elle de développer un tourisme impressionnant et inattendu dans sa petite ville : plus de 130 000 personnes ont souhaité voir l’œuvre ratée de l’octogénaire. Cecilia Gimenez a finalement réussi à se réjouir de cette célébrité : « La restauration a projeté Borja sur la carte du monde, ce qui veut dire que j’ai fait quelque chose pour mon village que personne d’autre n’a été capable de faire. »

Quand Andrew Flack lui propose son opéra intitulé Behold the man, du nom de l’œuvre restaurée : Ecce Homo (Voici L’homme), elle accepte immédiatement. Le librettiste a probablement dû la rassurer en insistant sur le fait que son opéra ne sera pas créé pour ridiculiser la vieille femme. « C’est très drôle, il y a beaucoup d’éléments comique mais en même temps nous n’allons pas nous moquer de Cecilia, nous allons la célébrer », s’enthousiasme Andrew Flack.

En deux actes et douze scènes, l’opéra Behold the man est composé par Paul Fowler, un chanteur, pianiste et compositeur américain. La première représentation devrait se tenir au printemps prochain à Boulder (Colorado) même si l’équipe aurait préféré que ce soit à Borja. Ce qui aurait été un moyen supplémentaire de promouvoir le tourisme dans cette petite ville espagnole de 5000 habitants.

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