Ulysse de retour au Théâtre des Champs-Elysées

Le Théâtre des Champs-Élysées propose à partir du mardi 28 février l'opéra de Claudio Monteverdi "Le Retour d'Ulysse dans sa patrie". Aux manettes, un duo de femmes : Mariame Clément à la mise en scène et Emmanuelle Haïm à la direction. Rencontre avec la chef d'orchestre.

Ulysse de retour au Théâtre des Champs-Elysées
La chef d'orchestre Emmanuelle Haïm au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, © AFP / François Guillot

Deux femmes pour monter un opéra en 2017, cela reste encore assez rare pour être mentionné même si pour Emmanuelle Haïm "cela ne change rien". La chef d'orchestre, fondatrice de l’ensemble Le Concert d'Astrée, décrit sa première collaboration avec la metteur en scène Mariame Clément (invitée de la matinale de France Musique ce mardi) avec respect et amitié.

Mariame Clément est d'abord "une formidable directrice d'acteurs" explique Emmanuelle Haïm et c'est d'autant plus crucial pour ce genre de pièce, poursuit la chef d'orchestre, que "c'est d'abord du théâtre". Elles ont donc beaucoup travaillé ensemble en amont pour avoir la même lecture du texte, et la même interprétation des personnages. Ensuite seulement vient la musique.

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"Mariame Clément est une formidable directrice d'acteurs"

Un travail à prolonger avec les "acteurs" comme elle dit elle-même, car le choix des interprètes s'est fait "en fonction de leur tessiture vocale bien sûr, mais aussi en fonction de leur capacité à incarner tel ou tel personnage. Rolando Villazón et Magdalena Kožená forment un couple tout aussi mythique que ces personnages mythologiques que sont Ulysse et Pénélope".

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Rolando Villazón et Magdalena Kožená forment un couple mythique

La musique tient une place toute particulière et notamment dans cette œuvre lacunaire : "les partitions qu'il nous reste nous donnent une des interprétations mais certainement pas la totalité. Parfois on a choisi de la musique de Monteverdi qui n'était pas extraite du Retour d'Ulysse mais contemporaine ou bien d'auteurs contemporains ou encore d'improvisations collectives. Par exemple, pour le dernier chœur qui est une opposition entre un chœur céleste et un chœur maritime, chacun accompagnant l'un Jupiter, l'autre Neptune, on a opté pour que ce soient les personnages qui disent ces chœurs comme des voix intérieures pour Pénélope."

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Les partitions lacunaires demandent un travail de création

Pénélope : une femme de tête forte et résistante

Pour Emmanuelle Häim, la figure de Pénélope est tout sauf celle d'une épouse éplorée. Si elle résiste à tous ses prétendants c'est d'abord pour maintenir le royaume et le garder pour son fils, Télémaque. "Elle s'est peut-être aussi enfermée dans cette attente où cette résistance, c'est sa force". Pour la chef d'orchestre, Pénélope n'est pas seulement une veuve éplorée qui conserve une fidélité à toute épreuve. D'ailleurs les retrouvailles avec Ulysse sont difficiles. C'est un personnage plus complexe qu'il n'y paraît.

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Pénélope n'est pas une veuve éplorée

Un personnage à découvrir dès ce mardi 28 février puis les 3, 6, 9 et 13 mars au Théâtre des Champs-Élysées à Paris. Le spectacle sera ensuite à l'Opéra de Dijon les 31 mars et 2 avril prochains.