Quelle est la meilleure version du Barbier de Séville de Rossini ?

Chantal Cazaux, Emmanuel Dupuy et Piotr Kaminski élisent la meilleure version du Barbier de Séville de Gioachino Rossini.

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Compte-rendu

Dirigés avec vivacité par Gianluigi Gelmetti, le Figaro de Thomas Hampson et la Rosina de Susanne Mentzer manquent hélas de personnalité : on a peine à croire qu’on est dans l’ébouriffante comédie de Rossini ! Voici la version pour grands voix, Leo Nucci, d’une aisance insolente en Figaro, la toute jeune Cecilia Bartoli, aux impeccables roucoulades dans Rosina. Patané donne-t-il la pareille en terme de théâtre ? Pas sûr… Mais que ces deux astres brillent !

Cette écoute tournera-t-elle au match nul ? Deux versions de distinguent d’une courte tête, deux autres sont à peine en retrait. Neville Marriner, par exemple, à la tête d’une phalange qui crépite, dirige en Figaro un Thomas Allen splendide, élégant et malicieux, face à la Rosina un rien appuyée d’Agnes Baltsa, et au Comte, bien chantant quoiqu’un peu raide de Francisco Araiza. Mais pourquoi nos deux basses grimacent-elles autant ?

Alceo Galliera, c’est entendu, n’est pas le chef du siècle. Quant à Tito Gobbi, ses moyens sont limités, et Maria Callas est peu familière de cet emploi. Et pourtant ! Quelle vie dans leur chant, quels sourires derrière ces mots ! On craque devant cette Rosina qui charme et ensorcelle avec son seul « ma » ! Et Nicola Zaccaria inquiète vraiment dans sa Calomnie.

Luigi Alva fut le héros de nombreuses intégrales du Barbier : ce ténor châtié a pour lui l’élégie d’Almaviva, avec une Sérénade poétique, soupirée – mais la virtuosité n’est pas son fort. Plébéien, le Figaro de Sesto Bruscantini emporte tout sur son passage, et la Rosina de Victoria de los Ángeles se montre tendre, féline, amoureuse aux griffes rentrées. Vittorio Gui bouscule sa troupe avec une verve contagieuse.

Que de débats sur la version Abbado ! Une fois de plus, Alva expose un timbre limité, compensé par des envolées radieuses. Le contraltino rossinien de Teresa Berganza obtient dans Rosina un équilibre idéal entre la gourmandise du personnage et la leçon de chant. Face à la tornade Enzo Dara en Bartolo, Hermann Prey invente un Figaro qui n’appartient qu’à lui : oui, son italien est teinté d’allemand, mais comment lui résister ? Tout le monde est pris dans les mailles de Claudio Abbado, précis, nerveux, électrique. Un classique du chant rossinien… qui ne fait pourtant pas l’unanimité. Qu’en dites-vous ?

Palmarès

N°1
Version F

Hermann Prey, Teresa Berganza, Luigi Alva, Enzo Dara, Paolo Montarsolo, London Symphony Orchestra, dir. Claudio Abbado (DG, 1971) N°2
Version C

Sesto Bruscantini, Victoria de los Ángeles, Luigi Alva, Ian Wallace, Carlo Cava, Royal Philharmonic Orchestra, dir. Vittorio Gui (EMI, 1962)

N°3
Version E

Tito Gobbi, Maria Callas, Luigi Alva, Fritz Ollendorff, Nicola Zaccaria, Philharmonia Orchestra, dir. Alceo Galliera (Warner, 1957)

N°4
Version A

Thomas Allen, Agnes Baltsa, Francisco Araiza, Domenico Trimarchi, Robert Lloyd, Academy of St. Martin-in-the-Fields, dir. Neville Marriner (Philips, 1982)

N°5
Version D

Leo Nucci, Cecilia Bartoli, William Matteuzzi, Enrico Fissore, Paata Burchuladze, Orchestre du Comunale de Bologne, dir. Giuseppe Patanè (Decca, 1988)

N°6
Version B

Thomas Hampson, Susanne Mentzer, Jerry Hadley, Bruno Pratico, Samuel Ramey, Orchestra della Toscana, dir. Gianluigi Gelmetti (EMI, 1992)

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