Quelle est la meilleure version des Noces de Figaro de Mozart ?

Chantal Cazaux, Emmanuel Dupuy et Piotr Kaminski élisent la version de référence des Noces de Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart.

Quelle est la meilleure version des Noces de Figaro de Mozart ?
Affiche originale de la création des Noces de Figaro de Mozart en 1786 à Vienne

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 26 février 2017

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Compte-rendu

Seuls ont été pris en compte les enregistrements des 40 dernières années.

Ca ne joue pas très bien au sein de MusicaEterna, on manque d’air, on s’essouffle, on donne dans le brutal. Et les personnages n’existent quasiment pas, voix maigres et sans caractère, théâtre privé de théâtre malgré les gesticulations de Teodor Currentzis. Sortie sans regret.

Un Comte superbe (Keenlyside), une Comtesse opulente (Gens), une Suzanne mutine (Ciofi), mais un Figaro rocailleux (Regazzo), face à un chef qui grossit les détails de manière obsessionnelle : la (très) Folle Journée de René Jacobs gagnerait à être moins survoltée.

Les messieurs dominent la version de John Eliot Gardiner, avec d’un côté un Figaro éclatant, à l’élocution parfaite (Terfel) et de l’autre un Comte au verbe haut (Gilfry). Mais les dames attristent le tableau, effacées et indistinctes. Et si Gardiner, avec son sérieux pincé, leur brisait les ailes et rendait le théâtre mozartien trop suffocant ?

Que cet orchestre est somptueux ! Existe-t-il cordes plus mousseuses, bois plus frivoles que ceux de la Philharmonie de Vienne ? Muti mène ses troupes avec prestesse… mais oublie hélas de sourire. Le timbre crémeux et l’aura sans égale de Margaret Price immortalisent à jamais la Comtesse, pourtant mal appareillée avec la Suzanne de Miss Battle, jolie mais pleine de minauderies. Le Comte de Jorma Hynninen fait froid dans le dos, et Thomas Allen, superbe, campe un Figaro droit dans ses bottes… moins valet que grand d’Espagne toutefois.

S’il ne devait rester qu’un seul Figaro, ce serait lui, l’inégalable José Van dam, tendre, fougueux, pince-sans-rire, jouant avec les mots, magnifique de timbre. Neville Marriner et ses musiciens créent un dialogue avec chacun des personnages : le Comte sauvage de Ruggero Raimondi, la Comtesse en clair obscur de Lucia Popp et la Suzanne aimable de Barbara Hendricks. Mais décidément, ce Figaro !

L’ouverture, lancée au quart de tour, donne le ton des Noces de Figaro de Georg Solti : fougueuses, urgentes, bouillonnantes ! La distribution demeure la plus parfaite et homogène réunie au disque depuis 40 ans : le Figaro en gloire de Samuel Ramey, la Comtesse rêvée de Kiri Te Kanawa, noble et humaine à la fois, une Suzanne, Lucia Popp, qui n’est que lumière et malice, et un Comte Almaviva royal, Thomas Allen, bien plus à sa place qu’en Figaro. Le tout sous le geste vif-argent de ce diable de Solti : les Noces incontournables.

Palmarès :

N°1
Version B

Samuel Ramey, Lucia Popp, Thomas Allen, Kiri Te Kanawa, Orchestre Philharmonique de Londres, dir. Georg Solti (Decca, 1981)

CD Solti
CD Solti, © DECCA

N°2
Version F

José Van Dam, Barbara Hendricks, Ruggero Raimondi, Lucia Popp, Academy of St. Martin-in-the-Fields, dir. Neville Marriner (Philips, 1985)

CD Marriner
CD Marriner, © Philips

N°3
Version D

Thomas Allen, Kathleen Battle, Jorma Hynninen, Margaret Price, Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Riccardo Muti (EMI, 1986)

CD Muti
CD Muti, © EMI

N°4
Version A

Bryn Terfel, Alison Hagley, Rodney Gilfry, Hillevi Martinpelto, The English Baroque Soloists, dir. John Eliot Gardiner (Archiv, 1993)

CD Gardiner
CD Gardiner, © Archiv

N°5
Version E

Lorenzo Regazzo, Patrizia Ciofi, Simon Keenlyside, Véronique Gens, Concerto Köln, dir. René Jacobs (HM, 2003)

CD Jacobs
CD Jacobs, © HM

N°6
Version C

Christian Van Horn, Fanie Antonelou, Andrei Bondarenko, Simone Kermes, MusicAeterna, dir. Teodor Currentzis (Sony, 2012)

CD Currentzis
CD Currentzis, © Sony