Quelle est la meilleure version de Tosca, de Giacomo Puccini ?

Chantal Cazaux, Emmanuel Dupuy et Séverine Garnier élisent la version de référence du premier acte de Tosca de Puccini.

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Compte-rendu

Une Tosca amoureuse, piquante, flanquée d’un orchestre qui lui dessine un écrin séduisant : Zinka Milanov a tous les atouts de l’héroïne, et pourtant ce produit studio semblera un tantinet fabriqué. On oublie vite. Que serait la Tosca de Renata Tebaldi … sans Renata Tebaldi ? Ce chant souverain, ces aigus et ce timbre de miel sont des baumes pour l’oreille, même si le caractère du personnage est uniment fougueux. Mais le Mario poussif de Del Monaco, à la limite de la vocifération, est insupportable, et Francesco Molinari-Pradelli laisse aller tout cela sens dessus dessous. Pour Tebaldiens farouches.
Quel contraste entre le soprano lumineux de Carol Vaness, Tosca altière et féminine, et le Mario aux teintes sombres de Giuseppe Giacomini ! D’autant que le geste précis et dramatique de Muti les épaule idéalement et fait feu de tout bois – dommage que le Scarpia de Zancanaro soit pâlichon.

Noire, étouffante, poisseuse, la lecture de Giuseppe Sinopoli bâtit un drame imparable, et le couple Freni/Domingo nous saisit par sa vérité et son urgence, elle, subtile, frémissante, lui, fouillant toutes les facettes de son Mario, à la fois héros et artiste. Grand seigneur, Samuel Ramey privilégie le beau chant, mais grâce à Sinopoli le Te Deum culmine dans une tension magistrale, telle une brûlure au fer rouge.

Quelle tornade ! De son timbre félin, Leontyne Price illumine Tosca, ce dont elle est sans doute très consciente… Si Di Stefano, limité dans l’aigu, surligne son texte, Giuseppe Taddei, d’un mot, d’un accent, se surpasse dans le genre sadique : son Scarpia glace le sang. Karajan plonge ses chanteurs dans un luxe orchestral inouï, théâtre d’une noirceur et d’une volupté qui sont l’essence même de la partition.

Comparer l’incomparable ? C’est à croire que Maria Callas reste incontournable dans Tosca, prodigieuse de musicalité et d’intensité dramatique. Di Stefano chante un Mario solaire – quoiqu’un peu claironnant – et Tito Gobbi sait tirer des creux et des bosses de son timbre matière à un Scarpia unique, tout de noirceur et de brutalité. La direction de Victor De Sabata se répand telle une coulée de lave, puissante, ravageuse, théâtre de tous les dangers. Non, décidément, cette version historique n’a pas pris une ride…

Palmarès

N°1
Version B

Maria Callas, Giuseppe di Stefano, Tito Gobbi, Chœurs et Orchestre de la Scala de Milan, dir Victor de Sabata (Warner, 1953)

Tosca-B
Tosca-B

N°2
Version E

Leontyne Price, Giuseppe di Stefano, Giuseppe Taddei, Chœurs de l’Opéra de Vienne, Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Herbert von Karajan (Decca, 1962)

Tosca-E
Tosca-E

N°3
Version F

Mirella Freni, Placido Domingo, Samuel Ramey, Chœurs du Covent Garden, Philharmonia Orchestra, dir. Giuseppe Sinopoli (DG, 1990)

Tosca-F
Tosca-F

N°4
Version D

Carol Vaness, Giuseppe Giacomini, Giorgio Zancanaro, Westminster Symphonic Choir, Orchestre de Philaldelphie, dir. Riccardo Muti (Philips, 1991)

Tosca-D
Tosca-D

N°5
Version C

Renata Tebaldi, Mario del Monaco, George London, Chœurs et Orchestre de l’Académie Sainte-Cécile de Rome, dir. Francesco Molinari-Pradelli (Decca, 1959)

Tosca-C
Tosca-C

N°6
Version A

Zinka Milanov, Jussi Björling, Leonard Warren, Chœurs et Orchestre de l’Opéra de Rome, dir. Erich Leinsdorf (RCA, 1957)

Tosca-A
Tosca-A

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