Quelle est la meilleure version de l'Acte II du Trouvère de Verdi ?

Avec la participation de Jérémie Bigorie, Chantal Cazaux et Piotr Kaminski.

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Compte-rendu
de La Tribune des Critiques de disques du 13 septembre 2015

Jérémie Bigorie, Chantal Cazaux et Piotr Kaminski élisent le meilleur deuxième acte du Trouvère de Giuseppe Verdi.

Tant pis pour Leontyne Price ! Cette Leonora de rêve résiste mal aux sanglots et à l’expressionisme outrancier de Franco Corelli, héros vaillant au possible. L’Azucena de Simionato, à la limite du sprechgesang, ne sauve pas plus l’entreprise que la battue assez peu impliquée de Karajan.

Réputée pour son urgence et sa théâtralité fiévreuse, la direction de Zubin Mehta pêche en réalité par l’exact inverse : un accompagnement mou au service d’un confort vocal qui perd de vue les personnages, nonobstant les timbres d’or et de velours de Domingo et Cossotto.

Carlo Bergonzi est un Manrico grand seigneur, à l’italien parfait, au style miraculeux. Azucena/Cossotto impressionne, sans trop en faire. Et quelle autorité dans les mots d’airain de Bastianini ! Si Antonietta Stella ne déploie pas l’onctuosité de Price, le quatuor s’équilibre bien – dommage que le sage Serafin ne contienne trop cette équipe de luxe.

Domingo, encore lui ! Face à des partenaires solides mais plus communs (Millo, Chernov, Zajick ), le ténor espagnol déploie une superbe ligne, et bénéficie surtout de la direction vive et nerveuse de James Levine, au rebond permament. Le chœur de l’enclume brille de tous ses feux.

Richard Bonynge créé la surprise de cette écoute. Bien plus impliqué qu’on ne l’aurait cru, il brosse un écrin confortable au Manrico solaire de Pavarotti, à l’intonation miraculeuse. Deux astres belcantistes, Horne et Sutherland, lui donnent la réplique, offrant à Azucena et à Leonora un chant d’un hédonisme quasi abstrait… pas forcément incongru ici.

Que dire face à la Leonora de Maria Callas ? Que le génie parle, rien d’autre. Y compris dans les attentes et les silences, si éloquents, de l’héroïne. A peine perçoit-on les limites de Giuseppe di Stefano en Trouvère, tant son italien chante avec grâce. A défaut de mettre le feu aux poudres, Karajan dose les effets avec habileté, pour mieux laisser s’épanouir ses héros.

Palmarès

N°1 : Version D
Giuseppe di Stefano, Maria Callas, Fedora Barbieri, Rolando Panerai, Chœurs et Orchestre de la Scala, dir. Herbert von Karajan (EMI, 1956)

N°2 : Version F
Luciano Pavarotti, Joan Sutherland, Marylin Horne, Ingvar Wixell, London Opera Chorus, National Philharmonic Orchestra, dir. Richard Bonynge (Decca, 1976)

N°3 : Version C
Placido Domingo, Aprile Millo, Dolora Zajick, Vladimir Chernov, Chœurs et Orchestre du Metropolitan Opera de New York, dir. James Levine (Sony, 1991)

N°4 : Version A
Carlo Bergonzi, Antonietta Stella, Fiorenza Cossotto, Ettore Bastianini, Chœurs et Orchestre de la Scala, dir. Tullio Serafin (DG, 1962)

N°5 : Version E
Placido Domingo, Leontyne Price, Fiorenza Cossotto, Sherrill Milnes, Ambrosian Opera Chorus, New Philharmonia Orchestra, dir. Zubin Mehta (RCA, 1970)

N°6 : Version B
Franco Corelli, Leontyne Price, Giulietta Simionato, Ettore Bastianini, Chœurs de l’Opéra de Vienne, Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Herbert von Karajan (DG, live 1962)