Nomination d'Alexander Neef : Stéphane Lissner passe la main « tranquille »

France Musique a recueilli la première déclaration de Stéphane Lissner après l'annonce de la nomination d'Alexander Neef à la tête de l'Opéra national de Paris à partir de 2021.

Nomination d'Alexander Neef : Stéphane Lissner passe la main « tranquille »
L'actuel directeur de l'Opéra national de Paris Stéphane Lissner, © Maxppp / IAN LANGSDON

Le suspense durait depuis 18 mois, et c'est finalement l'Allemand Alexander Neef qui succédera à Stéphane Lissner à la tête de l'Opéra national de Paris. Une annonce accueillie avec beaucoup de sérénité par ce dernier, aux commandes de la maison lyrique depuis 2014. Au micro de France Musique, il évoque ses projets, et revient également sur les rumeurs de ces derniers mois, et sur toutes ces choses « à côté de la plaque » qui ont été publiées.   

France Musique : Comment accueillez-vous la nomination d'Alexander Neef ? 

Stéphane Lissner : Je ne connais pas personnellement Alexander Neef, mais sachant qu’il a travaillé avec Gerard Mortier pendant plusieurs années, et ayant toujours affirmé que Mortier était le meilleur directeur d’opéra qu’on ait connu dans les dernières décennies, je pense que c’est un grand signal, et je suis optimiste pour la maison, pour la programmation et pour le projet artistique à venir. 

Il y a eu beaucoup de choses écrites, beaucoup de choses très à côté de la plaque

F.M. Allez-vous faire partie de cette période de transition, jusqu’en 2021 ?

Stéphane Lissner : A partir du moment où j’ai lancé des négociations avec les organisations syndicales, cela va être important que la nouvelle direction participe aux discussions. Il faudra travailler de concert. J’ai demandé à ce que l’on prépare dans les bureaux toutes les pièces qui permettront à la nouvelle direction de prendre ses décisions et d’avancer dans le futur. 

F.M. :Quiddu remplaçant de Philippe Jordan et de la future salle modulable ? 

Stéphane Lissner : Le nouveau chef d’orchestre, pour remplacer Philippe Jordan, sera sélectionné par la prochaine direction, puisque le nouveau directeur musical, ou la nouvelle directrice musicale prendra ses fonctions en août 2021. En ce qui concerne la salle modulable, l’architecte a été choisi et le programme est fixé. Il y aura à réfléchir l'organisation de la salle à partir de 2023.  

Je serai disponible pour aider la nouvelle direction. C’est une maison complexe et fragile, en pleine transition. On doit tous contribuer à la réussite de cette transition, pour que l’Opéra de Paris reste un des opéras les plus importants dans le monde aujourd’hui. Il l’est artistiquement, mais on doit à côté de cela avoir une stabilité sociale. C’est sûrement la chose la plus importante aujourd’hui.

Ces grandes maisons sont assez épuisantes et ne nous permettent pas toujours de disposer du temps nécessaire pour être près des artistes, et pour pouvoir s'occuper d'art

F.M. : Vous n'auriez pas préféré rester ?

Stéphane Lissner : Non. Il y a eu beaucoup de choses écrites, beaucoup de choses très à côté de la plaque, dans Le Figaro en particulier. La question s'était posée il y a à peu près 18 mois, sur la possibilité de rester trois ans. Mais c'était une idée qui posait des problèmes de décret, et des problèmes liés à mon âge. Quand j'ai été engagé, je l'ai été avec une dérogation, sur mon âge, ainsi que sur la durée de mon contrat, qui était de sept ans. Pour moi c'était clair, je terminais en 2021. Après, je pense que la difficulté de trouver un candidat, la réflexion nécessaire... ont fait qu'il a été question que je puisse rester un an ou deux, mais je ne souhaitais pas rester dans ces conditions. Donc j'ai toujours dit, contrairement à ce qui a été écrit, et le ministre le sait, que je ne souhaitais pas rester de toute façon un an de plus. 

La situation, et la décision qui a été prise, me conviennent très bien. On a encore deux ans pour terminer ce qu'il reste à faire, et surtout réussir la passation de pouvoir avec un homme qui a été le compagnon de route - si je puis dire - un des hommes qui a participé à l'aventure artistique de Gerard Mortier, ce qui me semble être un très bon signal.

F.M. : Quels sont vos projets après 2021 ?

Stéphane Lissner : Mon projet est de revenir à l'art dramatique, au théâtre, c'est ma première passion.  

F.M. Avez-vous déjà une piste ? 

Stéphane Lissner : Ce n'est pas le jour pour en parler. Pour l'instant, c'est encore trop tôt. En tout cas, mon souhait est de revenir au théâtre, je pense que c'est bien de revenir vers un modèle avec une équipe plus restreinte, d'avantage artistique et un peu moins culturel, dans la mesure où ces grandes maisons sont assez épuisantes et ne nous permettent pas toujours de disposer du temps nécessaire pour être près des artistes, et s'occuper d'art. C'est donc aussi le souhait de revenir à quelque chose de plus artisanal.