Le ténor suédois Nicolai Gedda est mort

La grande figure du monde de l’opéra Nicolai Gedda s’est éteinte le 8 janvier dernier à l’âge de 91 ans. Avec plus de 200 disques enregistrés et quelques 70 rôles à son répertoire, il était l’un des plus grands ténors du XXe siècle.

Le ténor suédois Nicolai Gedda est mort
Le ténor suédois Nicolai Gedda, ici photographié en 1998, est décédé le 8 janvier 2017 à l'âge de 91 ans, © Getty

C’est une immense figure de l’art lyrique qui s’éteint : Nicolai Gedda - de son vrai nom Harry Gustaf Nikolaj Gädda - est mort le 8 janvier dernier, selon le site forumopera.com contacté par la fille de l'artiste. Compagnon sur scène des plus grandes voix du XXe siècle, de Maria Callas à Elisabeth Schwarzkopf en passant par Dietrich Fischer-Dieskau, le ténor suédois avait 91 ans.

Né le 11 juillet 1925 à Stockholm, Nicolai Gedda entame sa carrière lyrique en 1951 dans le Postillon de Lonjumeau. Issu d’une famille modeste, il travaille alors comme employé de banque, et c’est en 1952, en interprétant Dimitri dans Boris Godounov de Moussorgski, que sa carrière prend son envol. Sa performance est fracassante, et il ne quittera plus l’opéra jusqu’à la fin des années 1970, poussant même jusqu’à enregistrer le rôle d’Altoum dans Turandot en 2001 et du Grand Prêtre dans Idoménée en 2003.

« Ce n'est qu'à 23 ans que j'ai réalisé que c'était ce que je voulais faire de ma vie. J'étais employé de banque à l'époque et je ne supportait plus ça. J'ai alors décidé de trouver un bon professeur de chant et de voir où cela pouvait me mener. »

Dès 1953, Herbert von Karajan le prend sous son aile et le fait chanter à Scala de Milan. L’année suivante, il passe pour la première fois les portes de l’Opéra de Paris pour Oberon de Weber. Viennent ensuite Covent Garden, le Metropolitan opera de New York… En tout, Nicolai Gedda interpréta plus de 70 rôles sur toutes les plus grands scènes du monde, allant jusqu’à répondre en 1982, lorsqu’on lui demande s’il y a un rôle qu’il souhaiterait encore chanter, « Non, vraiment pas. J'ai tout fait ».

« Si je chante une œuvre en français, je veux être aussi Français que possible je veux exprimer toute sa clarté et sa transparence »

A son enfance, passée dans une famille où l’on parlait suédois autant que russe, puis allemand après un déménagement à Leipzig, Nicolai Gedda ajoute l’apprentissage de l’anglais, du français, de l’italien, de l’espagnol, du grec, du portugais, de l’hébreu, du néerlandais, ou encore du latin. Hyperpolyglotte, il se distinguera tout au long de sa carrière par la qualité de sa diction.

« Au fond de moi, je savais que chanter pouvait devenir mon métier car je travaillais beaucoup les langues depuis toujours. Je parlais russe à la maison, je pouvais parler suédois, je connaissais aussi l'allemand, puis à l'école j'ai étudié le français, l'anglais et le latin. J'ai même appris tout seul l'italien. Je suis donc, très tôt, devenu très à l'aise avec les langues. Et pour moi, c'est important quand on est chanteur de connaître plusieurs langues. »

Le ténor s’illustre d’ailleurs particulièrement dans les rôles en français, enregistrant dès 1953 le Faust de Gounod sous la direction d’André Cluytens, avant de s’attaquer à Mireille, à Carmen, à Platée au Festival d’Aix (1956)... C’est d’ailleurs par les Contes d’Hoffmann puis par Faust qu’il quitte la scène de l’Opéra national de Paris à la saison 1975-1976.

Près de 200 enregistrements témoignent de la richesse de son parcours. Luciano Pavarotti dira ainsi de lui : « Il n’y a pas de ténor vivant qui ait une plus grande facilité dans le registre aigu que Gedda ».

France Musique rendra hommage à Nicolai Gedda dès le Classic Club de Lionel Esparza, jeudi 9 février à 22h. D'autres hommages lui seront rendus, dans En Pistes vendredi 10 février, dans Lirico Spinto et prochainement dans Un dimanche à l'opéra.