Les plus beaux airs d’amour à l’opéra pour la Saint-Valentin

A la Saint-Valentin on peut inviter son ou sa partenaire au restaurant, critiquer le marketing autour de cette fête commerciale... ou rester chez soi et écouter les plus beaux airs d’amour chantés à l’opéra !

Les plus beaux airs d’amour à l’opéra pour la Saint-Valentin
Charlotte et Werther dans l'opéra de Massenet Werther, donné au Royal Opera House de Londres, © Corbis / Robbie Jack

Les déclarations d’amour

Chanter “Je t’aime” à l’opéra a des significations particulières. Dans Samson et Dalila de Saint-Saëns, la déclaration d'amour est une réponse au « Dalila ! Je t'aime ! », lancé par Samson. La belle se met alors à « ouvrir son coeur ».

Mais ce peut être aussi un “Je t’aime” furtif, rapide, lancé par Lohengrin après avoir combattu pour Elsa et qu'elle accepte son unique commandement : « Tu ne dois jamais me questionner, ni vouloir connaître d’où je suis venu, ni mon nom, ni ma lignée ! » Il lui répond : « Elsa ! Je t’aime ! » et c’est beau (aussi parce que c’est Wagner).

Dans La dame de pique de Tchaïkovski, le Prince chante une des plus belles déclarations d’amour de l’opéra : « Je vous aime, infiniment, je ne pourrais vivre un jour sans vous ». Et quand Ludovic Tézier s’y met, personne ne peut résister.

Les plus beaux duos

A la fin du Couronnement de Poppée, opéra de Monteverdi, Néron et Poppée peuvent enfin s’aimer tranquillement, et ils le montrent dans ce duo final, amoureux, langoureux, parfait.

Un peu plus anecdotique, le duo dans La Rondine de Puccini entre Prunier et Lisette n’en est pas pour le moins chargé d’amour. Preuve avec cet extrait qui ressemble à une conversation digne d’un Godard ( « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? »)

Qui m’appelle ?

Notre amour !

Qui m’aime ?

Ce cœur !

Qui m’embrasse ?

Mes lèvres !

Les duos amoureux ne sont pas toujours joyeux. Dans Atys de Lully, Sangaride et Atys échangent les mots durs d’un amour impossible lorsque Sangaride prend la décision d’épouser le roi : « Ah ! C’est vous, beauté trop cruelle ! » avant de se promettre de s’aimer toujours : « Je jure, je promets, de ne changer jamais [...] Aimons-nous en secret ».

L’amour heureux

C'est un duo d’amour sans amoureux. Dans le premier acte de la Flûte enchantée de Mozart, Pamina et Papageno célèbrent la force de l’amour divin entre mari et femme, chacun pensant à son être aimé(e) : « Nous voulons chanter la joie de l’amour, nous vivons par l’amour seulement ».

Una furtiva lagrima dans L’élixir d’amour de Donizetti célèbre l’amour sur un air plutôt triste, lent, presque mélancolique, sûrement comme un présage pour la suite de l’opéra... Pourtant les paroles sont, elles, bien positives : « Que désirer de plus ? Elle m’aime, oui, elle m’aime : je le vois ».

Dans Written on skin de George Benjamin, une scène mêle désir, tension et pulsion : le Protecteur montre une photo à Agnès qui représente la femme qu’il aime, jusqu’à ce qu’elle réalise que c’est elle qui y est représentée.

L’amour mélancolique

Dans Werther de Massenet, Charlotte se languit de son amour et se laisse aller à la tristesse d’une mélancolie mêlée de larmes : « Les larmes qu’on ne pleure pas dans notre âme retombent toutes, et de leurs patientes gouttes martèlent le cœur triste et las ».

Entre la déclaration d’amour et la mélancolie, l’air que chante Don José dans l’acte 2 de Carmen de Bizet témoigne de l’emprise qu’elle a sur lui. « Car tu n’avais eu qu’à paraître, qu’à jeter un regard sur moi, pour t’emparer de tout mon être ».

Le chant du souvenir, le chant d’un amour passé... Dans Otello de Verdi, la chanson du Saule est un doux répit, lyrique et poétique. Desdemona chante un air qu'elle écoutait enfant, l'histoire de Barbara, la servante de sa mère, abandonnée par son homme. « Dans la lande solitaire elle pleurait en chantant, la pauvre pleurait. O Saule ! ».

Les adieux

Les adieux offrent au répertoire opératique des airs déchirants. Dans l’acte 5 de Castor et Pollux de Rameau, Castor revient des enfers pour une unique journée afin de revoir et faire ses adieux à sa bien-aimée, Télaïre : « À d'éternels adieux il faut nous préparer ».

« Souviens toi de moi ! Oublie mon destin » Enée, dans la scène finale de Didon et Enée de Purcell s'apprête à se donner la mort après avoir repoussé Didon, qui avait songé à la quitter. Dans un air poignant, elle s’adresse à sa confidente, Belinda, et lui demande de se souvenir d’elle…

Le très célèbre Addio del passato de La Traviata de Verdi remplit toutes les attentes d’une musique d’adieu, lancinante et puissante. Violetta, malade, se meurt tout en apprenant l’arrivée imminente de son amour, Alfredo. Son chant, chargé de nostalgie du temps béni, annonce une mort imminente : « Les joies et les âmes disparaîtront bientôt… »