Les arts visuels rencontrent l'opéra au Centre Pompidou-Metz

Le Centre Pompidou-Metz présente "Opéra Monde, la quête d'un art total", une exposition qui explore les nombreuses collaborations des artistes plasticiens avec la création lyrique aux XXe et XXIe siècles.

Les arts visuels rencontrent l'opéra au Centre Pompidou-Metz
A l'entrée de l'exposition Opéra Monde, un buste de King Kong conçu par la scénographe polonaise Malgorzata Szczesniak pour L'Affaire Makropoulos de Janacek à l'Opéra de Paris, © AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Depuis le 22 juin et jusqu'au 27 janvier 2020, le Centre Pompidou-Metz présente une exposition à la thématique ambitieuse : Opéra Monde, la quête d'un art total . Comme son nom ne le suggère pas, le musée propose d'explorer les nombreux liens qui unissent les arts visuels, les artistes et le monde lyrique. Un parcours découpé en 10 actes et dont la conception a été pensée comme un opéra par la scénographe polonaise Malgorta Szczesniak. 

Les visiteurs sont accueillis par un gigantesque buste de King Kong, haut de 11 mètres, conçu par la scénographe lors de sa collaboration avec le metteur en scène Krzysztof Warlikowski pour L'Affaire Makropoulos de Leoš Janáček, en 2007 à l'Opéra de Paris. Une oeuvre inattendue qui montre que l'opéra a su s'inspirer de références cinématographiques et que le genre lyrique, qu'on disait mourant au début du XXe siècle, a su se réinventer grâce à cette ouverture aux artistes plasticiens. 

C'est ce qu'illustre également les œuvres du peintre David Hockney pour le décor de The Rake's Progress, l'opéra de Stravinsky mis en scène par John Cox en 1975. « Pendant des décennies, voire des siècles, les metteurs en scène d’opéra faisaient appel à des décorateurs, qui étaient de simples exécutants, explique Anne Horvath, en charge de l’exposition aux côtés de Stéphane Ghislain Roussel. Au début du XXe siècle, ils ont commencé à collaborer avec des artistes, des personnalités très fortes avec leur propre univers créatif. Des gens qui avaient eux aussi des idées concernant la mise en scène. Cela a donné un dialogue de plus en plus fertile ». 

Au travers de dessins, de maquettes, de croquis d’atelier, de photographies, d’accessoires, l’exposition dresse une histoire récente de l’opéra. L’une des œuvres les plus impressionnantes est certainement une installation de l’artiste américain James Turrell. Une étroite pièce accessible après un couloir plongé dans le noir qui présente des jeux de lumières. Un dispositif créé pour la mise en scène de To be sung, opéra de Pascal Dusapin présenté en 1994 à Nanterre.

L’opéra a toujours attiré les artistes visuels, malgré l’association du genre à un art bourgeois et élitiste. « C’est un grand terrain de liberté pour eux, estime Anne Horvath.  Ils découvrent un monde vivant, dont ils ne maîtrisent pas le vocabulaire. C’est le cas de David Hockney qui au départ se montre très réticent. Ou encore cette collaboration entre György Ligeti et Roland Topor pour Le Grand Macabre. Le compositeur expliquera que c’est le meilleur visuel jamais créé pour son opéra. Alors que Topor se moque de l’opéra dans des textes où il raconte qu’il déteste tout : la grandiloquence de la musique, les décors illusionnistes, le public, etc. Je pense que les artistes ont su s’emparer de toutes les contraintes du genre pour en faire sortir toute la richesse. C’est ce qu’on observe tout au long du XXe siècle ». 

L'exposition, s'inscrit dans les célébrations du 350e anniversaire de l'Opéra de Paris, donne plus à voir qu'à écouter. Elle permet de comprendre comment les artistes ont su dynamiser le genre, l'ancrer dans la société, en abordant des thèmes politiques et engagés. 

Opéra Monde, la quête d'un art total, au Centre Pompidou-Metz jusqu'au 27 janvier 2020