La Vestale de Spontini en vidéo

La Vestale de Gaspare Spontini, opéra disparu des scènes parisiennes depuis 1854 et recréé le 15 octobre dernier au Théâtre des Champs-Elysées, est à découvrir ici, en vidéo.

La Vestale de Spontini en vidéo
La Vestale, Gaspare Spontini, TCE 10/2013

A sa création en 1807 à Paris, la Vestale était un triomphe sans précédent, reprise 200 fois et désignée opéra de la décennie par l’Institut de France. Autres temps, autres mœurs ; aujourd’hui aussi bien la Vestale que son créateur, Gaspare Spontini, évoquent bien peu de choses, y compris aux mélomanes avertis. Un siècle et demi après sa dernière représentation parisienne, c’est le jeune chef Jérémie Rhorer avec son ensemble le Cercle de l’Harmonie, qui s’est chargé de rendre à cette œuvre injustement méprisée par l’histoire, sa place bien méritée.

Qui était Gaspare Spontini ?

Arrivé à Paris dans les années 1800, Gaspare Spontini a fait ses armes de compositeur à Naples. Avec une quinzaine d’œuvres légères à son actif, il trouve dans la mode de l’opéra-comique à Paris une nouvelle source d’inspiration ; ses opéras sont chaleureusement accueillis notamment au Théâtre des Italiens. Le Napolitain trentenaire est vite propulsé dans les cercles mondains parisiens ; sa carrière s’envole lorsque l’impératrice Joséphine le nomme son compositeur particulier.

Une œuvre charnière

Mais le compositeur particulier de l’Impératrice n’est pas au goût de tout le monde ; Grétry et Lesueur s’indignent en vain qu’un Italien puisse porter les couleurs françaises jusqu’à l’opéra (si seulement il était le premier !). Le pied de nez du compositeur officiel de l’Empire sera une tragédie lyrique dans la pure tradition française : la Vestale ( en version française) est finalement créée en 1807 sous la protection de l’Impératrice, et c’est l’apothéose : deux cents représentations pour cet « opéra de la décennie », selon l’Institut de France. La Vestale s’impose en tant que modèle de l’opéra impérial. Berlioz en parle dans son Traité d’orchestration, Wagner dirige la Vestale à Dresde en 1844.

Pourquoi la Vestale est-elle oubliée aujourd’hui ?

C’est la version italienne de l'oeuvre qui a survécu au XXe siècle : parmi de rares tentatives, deux interprétations mémorables : Rosa Ponselle au Metropolitain Opera en 1925 et Maria Callas à la Scala (première mise en scène d’opéra pour un certain Visconti, tout de même !).
Selon Jérémie Rhorer, entouré pour cette remise au goût du jour d’un beau plateau de solistes, la raison principale n’est pas la qualité de la partition, mais sa complexité technique.

Pour en savoir plus

Gaspare Spontini : La Vestale, opéra en trois actes

Livret d'Etienne de Jouy
Jérémie Rhorer direction
Eric Lacascade mise en scène
Emmanuel Clolus décors
Marguerite Bordat costumes
Philippe Berthomé lumières
Daria Lippi dramaturgie

Ermonela Jaho Julia
Andrew Richards Licinius
Béatrice Uria-Monzon La Grande Vestale
Jean-François Borras Cinna
Konstantin Gorny Le Souverain Pontife

Le Cercle de l’Harmonie
Chœur Aedes

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