La saison 2014-2015 de l'Opéra de Paris dévoilée

L'Opéra de Paris a annoncé en toute discrétion le programme de sa saison 2014-2015 qui sera marquée par la passation de pouvoir entre Nicolas Joel et Stéphane Lissner.

La saison 2014-2015 de l'Opéra de Paris dévoilée
6 nouvelles productions seront présentées à l'Opéra de Paris pour la saison 2014-2015. (© Arnaud Chicurel/Hemis/Corbis)

La traditionnelle conférence de presse n'aura pas eu lieu pour la dernière présentation de saison de Nicolas Joel en tant que directeur de l'Opéra de Paris. La programmation 2014-2015 a été annoncée en catimini ce mardi sur le site internet de l'institution. Une saison qui sera marquée par la transition entre le directeur sortant Nicolas Joel et le nouvel arrivant Stéphane Lissner, qui signera la saison 2015-2016.

Les six nouvelles productions programmées pour 2014-2015 par Joel seront donc à la charge de son successeur, Lissner, qui prendra ses fonctions en août prochain. Parmi les nouveautés, trois opéras bénéficieront de mises en scène inédites : L'enlèvement au sérail de Mozart par Zabou Breitman qui officiera pour la première fois à l'opéra, Tosca de Puccini mis en scène par Pierre Audi et Le Roi Arthus d'Ernest Chausson. "Le Roi Arthus n'a jamais été donné à l'Opéra de Paris, explique Nicolas Joel, c'est une oeuvre passionnante qui est le chef d'oeuvre de ce compositeur si important de la fin du 19e siècle et qui permet le retour du baryton américain Thomas Hampson ". C'est Roberto Alagna qui incarnera Lancelot dans cet unique opéra de Chausson (1903) avec Sophie Koch dans le rôle de Genièvre, avec à la direction Philippe Jordan.

Concernant les trois autres nouvelles productions, elles ont déjà été mises en scènes dans d'autres maisons d'opéra comme Le Cid de Massenet, en juin 2011 à Marseille. L'opéra avait d'ailleurs été créé au Palais Garnier en 1885 sans avoir été repris depuis. Là encore, Roberto Alagna sera à l'affiche aux côtés d'Anna Caterina Antonacci dans une mise en scène de Charles Roubaud sous la direction de Michel Plasson. Le Barbier de Séville de Rossini mis en scène par Damiano Michieletto a été monté à Genève, et Adriana Lecouvreur de l'Italien Francesco Ciléa à Covent Garden à Londres. Nicolas Joel poursuit son exploration du répertoire italien qu'il affectionne avec cette oeuvre qui date de 1902, qui sera chantée par Angela Gheorghiu, dont c'est un des rôles fétiches. Le brûlant Tosca de Puccini, autre grande création de la saison, réunit une belle affiche, avec la soprano autrichienne Martina Serafin, l'Argentin Marcelo Alvarez et le Français Ludovic Tézier.

Parmi les reprises intéressantes à signaler, Ariane à Naxos avec Karita Mattila, Alceste avec Véronique Gens dirigée par Marc Minkowski et ses Musiciens du Louvre. Le Pelléas et Mélisande mis en scène par Bob Wilson est repris sous la baguette de Philippe Jordan et Don Giovanni est présenté dans la version de Michael Haneke. La saison musicale sera marquée par le cycle entier des neuf symphonies de Beethoven dirigées par Philippe Jordan, couronnement de plusieurs années de travail mené avec l'orchestre et le choeur.

Côté ballet, la dernière saison préparée par la directrice de la danse Brigitte Lefèvre, qui cède la place à l'automne à Benjamin Millepied, comporte deux créations: Salut de Pierre Rigal et Le Chant de la terre par John Neumeier sur la musique de Mahler. Deux compagnies invitées, le Tanztheater Wuppertal et le Ballet Royal de Suède présenteront des oeuvres de Pina Bausch et Mats Ek.

Nicolas Joel, qui prépare une mise en scène de Tosca pour "un grand festival étranger " se félicite de laisser une maison en bon ordre, où les recettes de billetterie ont permis de compenser la baisse de 2,5% par an de la subvention publique, à laquelle il faut ajouter gels de crédits et prélèvements opérés par l'Etat, soit 38,5 millions d'euros en moins sur 4 ans (2012 à 2015).

Les tarifs vont d'ailleurs augmenter pour la première fois depuis 2009 au 1er septembre, avec une modulation des prix selon les catégories de place et les jours de la semaine. M. Joel, arrivé en 2009 à l'Opéra de Paris, peut se vanter d'une fréquentation enviable (95% en 2013 soit plus de 764.000 spectateurs), mais son bilan artistique est plus mitigé. Il lui a été reproché des choix de mises en scène très traditionnels, loin de l'audace - également critiquée - de son prédécesseur, le Belge Gerard Mortier.

Sur le même thème