La Flûte enchantée huée dans un festival italien

Le Britannique Graham Vick s'est inspiré de l'actualité pour mettre en scène La Flûte enchantée. Mais sa relecture de l'opéra a divisé les spectateurs du festival de Macerata. Certains ont applaudi, d'autres ont sifflé, et des personnalités politiques se sont emparées du sujet.

La Flûte enchantée huée dans un festival italien
La représentation polémique de La Flûte enchantée à été donnée au Sfisterio de Macerata, © Getty / Marka / Contributeur

La Flûte enchantée mise en scène par Graham Vick n'a pas plu à tous les spectateurs du festival d'opéra de Macerata. Le Britannique proposait une relecture expérimentale de l'œuvre à travers le prisme de l'actualité. Pour figurer le serpent qui attaque Tamino, il a utilisé un bulldozer détruisant un camp de migrants. Des membres du chœur ont également mimé une chute de la scène, ce que des spectateurs ont interprété comme une métaphore des migrants se noyant dans la Méditerranée en tentant d'atteindre l'Europe. 

La vision de Graham Vick n'a laissé personne indifférent : elle été applaudie, mais aussi huée et sifflée par une partie du public. Ancien responsable des productions du festival de Glyndebourne, il assume et souhaite que sa mise en scène fasse l'effet d'un « coup de poing dans l'abdomen ». 

Passes d'armes politiques autour de la mise en scène

Tullio Patisini, député du parti de droite La Ligue a trouvé « absurde » d'utiliser l'œuvre pour justifier une politique d'immigration. Paolo Arrigoni, sénateur du même parti, a dénoncé un « massacre » de l'opéra de Mozart et un manque de respect envers les spectateurs. Il a également demandé pourquoi Graham Vick n'avait pas fait référence au meurtre de Paola Mastropietro. L'assassinat de cette jeune toxicomane en février avait entraîné l'arrestation d'un dealer d'origine nigériane. Quelques jours plus tard, un militant d'extrême-droite voulant venger cette mort avait tiré sur des Africains dans la ville de Macerata, celle où Graham Vick a présenté sa mise en scène.

Mario Morgoni, conseiller municipal de Macerata, membre du Parti démocratique, classé à gauche, a rétorqué que « parmi les actes qui ouvrent la voie aux régimes anti-démocratiques, l'intolérance envers la culture et les arts est l'un des plus inquiétants ». « Les affrontements politiques autour de ce spectacle sont grotesques », a-t-il conclu.