L’Opéra de San Diego baisse définitivement le rideau

L’Opéra de San Diego (Etats-Unis) a annoncé mercredi 19 mars sa fermeture définitive à la fin de la saison 2014.

L’Opéra de San Diego baisse définitivement le rideau
Détail de l'affiche de la Fille du Régiment à l'opéra de San Diego (2012)

La crise économique aura finalement eu raison de l’Opéra de San Diego. Mercredi 19 mars, la compagnie californienne a annoncé qu’elle mettra fin à ses activités à la fin de la saison en cours (le 13 avril, après la production de Don Quichotte de Massenet), peut-on lire dans le Los Angeles Times.

Cette décision a été prise par le conseil d’administration de l’institution, afin d’éviter la faillite et d’être en mesure d’honorer ses engagements financiers. La situation s’explique par la disparition d’un certain nombre de mécènes (décès, mais aussi retraits dus à la crise économique), ainsi que par la diminution des ventes de billets. Cette malheureuse combinaison met à mal un équilibre financier déjà précaire depuis 2011 (la compagnie est dépendante des dons pour près de 60% de son budget). Interrogé par le LA Times, le directeur Ian Campbell évoque un cruel manque de public : « la demande d’opéras dans la ville n’est pas suffisante » a-t-il déclaré.

Créé il y a près de 50 ans pour présenter les productions de l’opéra de San Francisco, le « SDO » (pour San Diego Opera ) avait ensuite trouvé une pleine indépendance dès 1965. Depuis cette date, de grands noms de l’art lyrique s’étaient produits sur cette scène : Placido Domingo en 1966 (en remplacement de l’artiste principal dans le Faust de Gounod, où il fut d’ailleurs le seul à chanter en français, dans une production anglophone), Beverly Sills, Luciano Pavarotti, ou encore Renée Flemming … L’association nationale Opera America classait d’ailleurs San Diego parmi les dix premières compagnies d’opéra aux Etats-Unis.

Avec la fermeture en 2008 du Pacific Opera et celle du SDO aujourd’hui, la Californie du sud ne compte plus qu’une seule compagnie majeure, à Los Angeles. San Diego s’ajoute à la triste liste des opéras victimes de la crise économique, après la fermeture, en septembre dernier, de l’Opéra de la Ville de New-York.