L'Opéra Comique lance son opéra participatif

L'Opéra Comique lance une opération de financement participatif qui propose au public mécène de participer à l'élaboration d'un nouvel opéra, de l'écriture de la partition aux ateliers de travail avec les comédiens, des maquettes aux décors et costumes.

L'Opéra Comique lance son opéra participatif
Vue de la salle de l'Opéra Comique pendant les travaux. (© Stefan Brion)

Retrouvez un entretien exclusif de Philippe Manoury au sujet de Kein Licht dans A Pleine Voix de Karine Le Bail, dimanche 29 novembre à 9h.

Kein Licht, titre de ce nouvel opéra, est confié au prix Nobel de Littérature 2004 Elfriede Jelinek pour le livret, au compositeur français Philippe Manoury pour la musique et à l'Allemand Nicolas Stemann pour la mise en scène. Ce dernier est un familier de l'écrivain autrichienne dont il a notamment mis en scène à Avignon en 2012 une pièce sur la férocité du monde de la finance(Les Contrats du commerçant. Une comédie économique ).

Kein Licht ambitionne d'être une nouvelle forme d'opéra, ancrée dans la tradition de l'opéra-comique et du singspiel allemand, qui alternent tous les deux le parlé et le chanté, à l'image de L'Enlèvement au sérail et La Flûte enchantée de Mozart. La forme, très accessible pour le public avec ses passages parlés, sera au service de cet opéra contemporain "sur un sujet d'actualité ".

La création est une vaste coproduction européenne (Festival de Ruhrtriennale, Berliner Festpiele, Théâtre National de Zagreb, théâtres de la ville de Luxembourg, festival Musica de Strasbourg et Ircam). L'objectif est de réunir 50.000 euros soit 15% de la participation du plus gros producteur, l'Opéra Comique (700.000 euros de contribution).

Pour l'Opéra Comique, fermé pour travaux jusqu'en janvier 2017, il s'agit non seulement d'alléger sa contribution, mais aussi de maintenir le lien avec son public, en lui proposant de participer à une création qui sera donnée en octobre 2017 salle Favart.

Le financement participatif est devenu courant dans le monde du spectacle, mais l'implication du public ne va généralement guère au-delà du nom sur la brochure ou du dîner avec les comédiens ou le chef d'orchestre. Cette fois, le mécène producteur pourra être associé, en fonction de son apport, à des étapes confidentielles de la création, en quelque sorte le "making of" de l'opéra.

L'aventure s'étalera sur deux ans, en France et chez les coproducteurs en Allemagne, en Croatie, au Luxembourg, avant de voir le jour sur la scène de la salle Favart en octobre 2017. La plate-forme de financement est ouverte sur culture-time.com pendant trois mois, d'octobre à décembre.

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