L'incroyable histoire de l'Apollonide, l'opéra oublié de Franz Servais

Un archéologue de l'université Jean-Jaurès de Toulouse, aidé par une musicologue belge ont exhumé la partition de l'Apollonide, opéra du compositeur belge Franz Servais, grand ami de Liszt. Il sera donné en version française pour la première fois ce jeudi à Toulouse.

L'incroyable histoire de l'Apollonide, l'opéra oublié de Franz Servais
Une page du manuscrit de l'Apollonide de Franz Servais. (© Famille Servais)

Ce n'est pas à un musicologue que l'on doit la volonté de réhabiliter cet opéra oublié, mais à un archéologue. Si Jean-Marc Luce, chercheur au laboratoire Patrimoine-Littérature-Histoire de l'université Jean-Jaurès de Toulouse, est bien l'instigateur de cette redécouverte, il a tout de même été aidé par la musicologue Malou Haine.

C'est en tant que spécialiste du site de Delphes en Grèce que l'archéologue a entrepris de travailler sur l'Apollonidede Franz Servais. Ce compositeur et chef d'orchestre belge méconnu n'aura écrit qu'un seul opéra, adossé sur le texte de Leconte de Lisle. Et il lui aura fallu 20 ans pour le terminer. Le livret est adapté d'Ion, une tragédie grecque d'Euripide.

L'Apollonide a été montée au Théâtre de Karlsruhe en langue allemande en 1899, c'est-à-dire deux ans avant la mort de Servais. Et comme on peut s'en douter, son opéra ne rencontrera qu'un succès d'estime mais tombera très rapidement dans l'oubli. A ce jour, la version française n'a d'ailleurs jamais été donnée.

Après tout, on pourrait penser que si une oeuvre n'a pas su traverser le temps pour parvenir jusqu'à nous, c'est qu'elle manque peut-être d'intérêt. Bien au contraire argumente Jean-Marc Luce dans un article de 20minutes Toulouse. L'archéologue précise que Servais n'a pas eu le temps de défendre son oeuvre puisqu'il est mort seulement deux ans après la première en Allemagne.

De plus, Franz Liszt en personne aurait fait part de son enthousiasme au sujet du drame musical. Le virtuose hongrois suivit avec attention la conception de l'unique oeuvre lyrique de Servais mais il ne put l'entendre dans sa version finale puisqu'il mourut en 1886. Franz Servais et Franz Liszt étaient en effet d'excellents amis. Entre 1869 et 1880, Servais se rendit fréquement chez Liszt afin de parfaire son apprentissage musical. Leur relation était si forte que des rumeurs disaient, à tort, qu'il était le fils illégitime de Liszt.

Arpès toutes ces années d'oubli, l'université Jean-Jaurès de Toulouse s'apprête donc à faire entendre de nombreux extraits de l'Apollonide ce jeudi 31 mars à partir de 17h. Le manuscrit a été récemment redécouvert dans les archives des descendants de Franz Servais. Les deux chercheurs exposeront leurs travaux, la conférence sera suivie de la représentation de l'opéra en version pour piano, dirigée par Jean-Walter Audoli.

Sur le même thème