Playlist : chanter l'ivresse à l’opéra et à l’opérette

L'ivresse sur les scènes lyriques peut être drôle, jouissive, sombre, menaçante et parfois triste... Voici sept airs du répertoire lyrique qui chantent toutes les facettes de l'ivresse à l'opéra ou dans l'opérette.

Playlist : chanter l'ivresse à l’opéra et à l’opérette
Le Caravage : Bacchus

1. Ah! Quel dîner - La Périchole, Jacques Offenbach

C'est « du vin extraordinaire » dont parle La Périchole, lorsqu'elle avoue qu'il lui a monté à la tête et qu'elle est « un peu grise ». Quelle drôle de noce alors qu'elle s'apprête à épouser son amant Piquillo (qui est dans le même état qu'elle). Dans l'air qui clôt le premier acte de l'opérette d'Offenbach, l'interprète peut jouer l'ivresse en toute liberté, entre hoquets et autres pas chancelants, dans le grand style d'un Offenbach léger et inspiré.

2. Air du champagne - La Chauve-souris, Johann Strauss fils 

« Je chante à sa majesté le mousseux », chante le prince Orlofsky à la fin du deuxième acte de la Chauve-souris, opérette de Johann Strauss fils. C'est le plaisir de l'ivresse, joyeux et libérateur, qui est le remède de l'ennui, conclut-il en levant son verre. Champagne !

3. Intanto, amici, qua…Viva il vino spumeggiante - Cavalleria Rusticana, Pietro Mascagni 

Les parfums de la Sicile planent sur cette invitation à la fête en l'honneur du vin spumante, mais la célébration n'aura jamais lieu. Dans le plus célèbre opéra vériste de Pietro Mascagni, ce sont la passion et la jalousie qui finiront par mettre un terme à la joie de vivre et la bonne humeur. Une ivresse menaçante, annonciatrice du malheur.

4. L’air dit Du champagne, Fin ch’han dal vino calda la testa - Don Giovanni, Wolfgang Amadeus Mozart 

Ce n'est pas de champagne, mais des conquêtes dont Don Giovanni a soif lorsqu'il chante : « Tant que le vin leur échauffe la tête, fais préparer une grande fête » dans l'Air du champagne. Il demande à Leporello de lui emmener toutes les jeunes filles qu'il croisera pour les faire danser et boire jusqu'à l'ivresse pour mieux les séduire. « Ah ! demain matin ma liste devra être plus longue d'une dizaine », conclut-il avec un rire malicieux.

5. Libiamo ne’lieti calici - La Traviata, Giuseppe Verdi 

C'est sur un rythme de valse qu'Alfredo célèbre la joie de vivre en s'exclamant en français : « Buvons joyeusement de ces coupes ». Ivre d'amour pour Violetta, l’hôtesse de la fête, il ne jure que par l'instant présent, le plaisir, les baisers et l'amour du vin... Le bonheur n'est qu’éphémère, comme le montrera la suite tragique de ce célèbre opéra de Verdi. Si c'est l'un des _Brindisi (_chansons à boire) les plus repris de Verdi, ce n'est pas celui qui a inauguré tout un genre.

6.  Si colmi il calice (Macbeth, Giuseppe Verdi)

C’est avec Macbeth, son premier opéra inspiré de Shakespeare, que Verdi invente le genre de Brindisi, chansons à boire à l’opéra. Un couple criminel, une histoire macabre : dans une ambiance de complots et d'assassinats, lorsque Lady Macbeth, assoiffée de pouvoir et enfin reine, entonne : « Que l'on remplisse les coupes par toi, vin généreux l'on se console que le plaisir naisse l'ennui s'envole », c'est le calme avant la tempête. Le couple diabolique n’échappera pas à son destin d'une lente descente aux enfers. 

7. To pivečko ( La Fiancée vendue, Bedřich Smetana)

Une fois n'est pas coutume, les bulles se voient voler la vedette par la mousse. En République Tchèque, Bedřich Smetana chante les louanges de la boisson nationale : la bière. Dans cet air extrait de la Fiancée vendue, l'opéra le plus populaire du compositeur tchèque, la bière est comme un cadeau du ciel.