En tête-à-tête avec Scott Hendricks, baryton de feu à Aix-en-Provence

Le baryton américain Scott Hendricks s’est prêté au jeu des tête-à-tête organisés tous les jours à 18h dans le cadre du festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence. Avec le public, il a partagé son parcours et sa vision du rôle qu’il interprète dans l’Ange de feu.

En tête-à-tête avec Scott Hendricks, baryton de feu à Aix-en-Provence
Rencontre Scott Hendricks , © Radio France / Sofia Anastasio

Chemise en lin blanche et sandales ouvertes, le baryton américain arrive dans la Cour du Presbytère, à deux pas du Théâtre de l’Archevêché, à Aix-en-Provence. Pendant une demi-heure, Scott Hendricks, qui interprète le rôle principal dans L’Ange de feu de Prokofiev, livre au public son approche du personnage de Ruprecht et revient sur sa carrière. 

En face de lui, ils sont une trentaine venus l’écouter, dans le cadre de ces tête-à-tête gratuits organisés tous les jours par le festival. « Cela nous offre une approche différente des artistes », témoigne Odette, pour qui assister à ces rencontres est une « façon de participer au festival », en plus de l’opéra qu’elle s’offre à chaque édition. Cette année c’était Didon et Enée. Elle ajoute : « ce que j’aime, c’est lorsqu’ils parlent de leur travail et de la création ». 

Rencontre Scott Hendricks
Rencontre Scott Hendricks , © Radio France / Sofia Anastasio

« Les répétitions les plus intenses de ma vie »  

Justement, Scott Hendricks est rapidement invité à revenir sur sa préparation du rôle de Ruprecht. « Nous avons travaillé pendant sept semaines à Varsovie et je dois dire que ce fut la période de répétition la plus intense de ma vie », raconte-t-il. « C’est un spectacle très physique, que Mariusz Treliński, le metteur en scène, a voulu rendre le plus cinématographique possible ». Le baryton explique d'ailleurs s’être inspiré d’un personnage interprété par Georges Clooney pour préparer le rôle : « pour moi, Ruprecht est un homme naïf, très peu sociable, une sorte de légume émotionnel un peu pathétique ». Scott Hendricks précise que l’on peut tous se reconnaître un peu dans le personnage de Ruprecht « car nous avons tous vécu l’expérience d’un amour non réciproque ». 

De Pink Floyd à Stravinsky  

Au cours de la rencontre Scott Hendricks est également questionné sur sa vie et le début de sa carrière dans son Texas natal. « J’ai grandi avec le rock, Jimi Hendrix, Pink Floyd, Queen, mais j’étais trop timide pour chanter », dévoile-t-il. C’est cependant en l’entendant entonner la chanson Take on me de a-ha, en classe de chimie, que ses amis l’incitent à auditionner pour le chœur, « et ça a marché ». S’il pensait dans un premier temps devenir chef de chœur, il s’est finalement tourné vers une belle carrière de chanteur, marquée par des rôles dans Tosca, La Traviata, ou encore Eugène Onéguine. « Aujourd’hui, ce que j’aime surtout faire ce sont les créations », annonce-t-il. Il est d’ailleurs attendu pour la création de Frankenstein, par Mark Grey, en 2019, au Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles.

Rencontre Scott Hendricks
Rencontre Scott Hendricks , © Radio France / Sofia Anastasio