Un site participatif propose d'écouter des milliers d'enregistrements anciens

Avec The great 78 rpm project, des collectionneurs peuvent partager leurs trésors et permettre à des internautes d'écouter des enregistrements introuvables. Plusieurs milliers de disques sont déjà disponibles.

Un site participatif propose d'écouter des milliers d'enregistrements anciens
Un 78 tours, semblable aux milliers qui ont été numérisés, © AFP / Leemage

Le succès est tellement grand que les chiffres diffèrent selon les sources. Entre 25 000 et 30 000 enregistrements ont été numérisés et mis en ligne sur le site The Internet Archive. Le projet permet à tous les collectionneurs du monde entier d'apporter leur pierre à l'édifice. Il s'agit de transférer et de partager des enregistrements anciens, et pour la plupart, jamais réédités. Des institutions publiques ont aussi ouvert leurs fonds. Il n'y a rien de mercantile dans cette idée, c'est pourquoi il est possible d'y écouter des pièces qui n'ont que peu de valeur auprès du grand public. Les enregistrements, souvent des disques, mais parfois des cylindres, sont numérisés à l'aide de lecteurs spécialement conçus pour ne pas les abîmer. Le son n'est pas toujours traité, les grésillements et les balances non corrigées peuvent donc gêner les oreilles de 2017, peu habituées aux enregistrements acoustiques, réalisés sans microphone.

Caruso entre Fats Waller et Georges Thill

Le site paraît un peu désordonné, comme dépassé par le nombre de contributions. Fats Waller voisine avec le légendaire ténor Enrico Caruso. Il est également possible d'écouter Alessandro Moreschi, le seul castrat à avoir été enregistré. Comme la plupart des contributeurs sont américains, le jazz, le blues et le ragtime sont très représentés. Les musiques antillaises et hispaniques ne sont pas en reste. Côté musiques du monde, un collectionneur a partagé ses très rares disques de musique japonaise réalisés autour de 1910. L'opéra et la musique dite classique occupe aussi une grande place dans cette vaste collection. De Georges Thill à Alfred Cortot, ces milliers de disques ne demandent qu'à être (re)découverts.