Décès du ténor canadien Jon Vickers

Le célèbre chanteur d’opéra Jon Vickers est décédé le vendredi 10 juillet à l’âge de 88 ans. Considéré comme l’un des plus grands ténors du XXème siècle, il a marqué d’une empreinte inoubliable l’univers lyrique, durant plusieurs décennies.

Décès du ténor canadien Jon Vickers
Le ténor canadien Jon Vickers (1961) © Bettmann/CORBIS

Le Royal Opera House de Londres a annoncé dans un communiqué le décès du ténor canadien Jon Vickers, vendredi 10 juillet « après une longue lutte contre la maladie d'Alzheimer. »
Interprète unique en son genre des rôles les plus exigeants de l’opéra - Tristan, Siegmund, Parsifal, Otello, Enée, Peter Grimes- Jon Vickers a marqué l’univers lyrique des ses puissantes interprétations vocales et dramatiques, pour lesquelles il est resté durant plusieurs décennies sans rival.

Né en1926 à Prince Albert, au Cananda Jon Vickers fait ses débuts comme enfant de chœur avant d’obtenir, à 23 ans, une bourse d’étude au Conservatoire royal de musique de Toronto où il suit une formation musicale.
Repéré par David Webster, directeur du Royal Opera House de Londres, il est engagé et débute en 1957 dans le rôle de Don José, dans le Carmen de Georges Bizet.

Mais c’est grâce à son interprétation d’Enée dans Les Troyens de Berlioz que le ténor se fait connaître dans le monde entier. Appréciée dans le monde entier, la représentation remporte un succès triomphal, qui le fait rapidement devenir favori du milieu lyrique londonien. Très rapidement, Jon Vickers acquiert les rôles principaux des opéras les plus réputés et se positionne au premier rang des ténors.

En 1958, les portes de festival de Bayreuth s’ouvrent à lui pour l’accueillir dans le rôle de Siegmund dans la Walkyrie de Richard Wagner, sous la baguette de Hans Knappertsbuch. Peu de temps après le Métropolitan Opera de New-York le réquisitionne, notamment dans l’opéra italien de Leoncavallo, Pagliacci et dans le Fideliode Beethoven.

Pendant plus de trente ans, le canadien domine la scène lyrique de sa prestance et de sa voix rare, puissante et aux multiples facettes qui fait de lui « le ténor héroïque » ou « « Heldentenor » - titre attribué aux chanteurs d’opéra capables d’interpréter les rôles les plus exigeants du répertoire - le plus demandé des années 1960.
« Dans la catégorie des ténors héroïques, dramatiques ou wagnériens, Jon Vickers fut l’une des plus importantes figures de son temps » écrit François Lesueur

Réfractaire aux interviews et fervent croyant - surnommé « le ténor de Dieu » - Jon Vickers a notamment refusé l’interprétation de certains rôles comme celui de Siegfried de l’opéra éponyme de Wagner qu’il jugeait trop païen.

Détenteur de nombreux titres honorifiques : deux Grammy Awards, une nomination en tant que compagnon de l’ordre du Canada en 1968, le Jon Vickers nous lègue – à travers la multiplicité de ses incarnations - un héritage précieux, inimitable et inoubliable.

En hommage à Jon Vickers, diffusion sur France Musique à 16h, de "Tristan und Isolde" de Wagner, "Fidelio" de Beethoven et "Les Troyens" de Beethoven.

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