Dans les coulisses de Trompe-la-Mort, nouvelle création de Luca Francesconi à l’Opéra de Paris

Le 13 mars 2017 sur la scène du Palais Garnier, l’opéra Trompe-la-Mort de Luca Francesconi va être donné pour la première fois. Reportage dans les coulisses de cette création commandée par l’Opéra national de Paris.

Dans les coulisses de Trompe-la-Mort, nouvelle création de Luca Francesconi à l’Opéra de Paris
Le Palais Garnier où aura lieu la première de Trompe-la-Mort , © Getty / Chesnot

Dans les labyrinthes des sous-sols de l’opéra Bastille, l’heure est aux répétitions. Trompe-la-Mort sera donné pour la première fois sur la scène du Palais Garnier le 13 mars. Cette création commandée par l’Opéra national de Paris exige pour les musiciens de découvrir la partition de Luca Francesconi seulement quelques semaines avant le jour J. Son oeuvre, inspirée de Balzac, est la première création donnée à l’Opéra de Paris depuis La Cerisaie de Philippe Fénélon il y a cinq ans.

Pour la mezzo-soprano Béatrice Uria-Monzon, qui n’est pas une spécialiste de la musique contemporaine, chanter cet opéra est une chance, et un défi : « Il y a quelque chose de merveilleux de rencontrer le compositeur car c’est extrêmement rare. Je suis agréablement surprise. Au début j’étais terrifiée : c’est difficile musicalement, particulièrement pour moi car c’est écrit dans les graves puis il y a des sauts d’octave… Quand j’ai reçu la partition je me suis dit : “Oh mon dieu je ne vais jamais y arriver”.

La chanteuse a donc écrit à Luca Francesconi pour lui dire que ce ne sera pas possible s’il n’y a pas de réajustements… Ce à quoi le compositeur a répondu : « Ce n’est pas grave, on va en discuter et on changera. Il faut que ce soit confortable ». Le compositeur peut donc apporter quelques modifications au cours de cette phase de préparation, mais des modifications légères car le temps file. Et sa partition a été finie un peu avant les vacances de fin d’année, ce qui a un peu inquiété le ténor Philippe Talbot : « Pendant toute la période d’apprentissage il y avait de la peur à cause de la partition… Déjà parce qu’elle est arrivée un peu tard, et aussi parce que la musique n’est pas facile à apprendre. »

Se mettre dans le bain des répétitions a donné une idée plus précise de l’oeuvre, plus rassurante : « La musique commence à devenir organique. Toute la période de peur s’est effacée car les répétitions se passent très bien », ajoute Philippe Talbot.

Le ténor souligne aussi le rapport au texte essentiel dans Trompe-la-Mort, un opéra inspiré d’un personnage de Balzac : « Nous avons tous envie que le texte soit plus clair, que le spectateur comprenne le plus de choses possibles. Tous les mots qu’il y a dans cette oeuvre sont de Balzac même si le livret est de Luca Francesconi… Toutes les personnes qui travaillent sur ce projet ont un amour des mots et du texte ».

D’autres ont aussi un amour pour la musique contemporaine, ou plutôt la “musique des vivants” comme l’appelle la chef d’orchestre Susanna Mälkki. « Je trouve absolument fascinant le parcours de découverte. Le compositeur nous donne un plan, après on suit, on découvre les choses… Et quand il s’agit d’un opéra il y a toute une histoire, des personnages qui commencent à vivre de plus en plus. Pendant la période de travail chacun découvre sa personnalité musicale et théâtrale, c’est vraiment intéressant », témoigne-t-elle.

La chef va diriger un casting de chanteurs français avec Laurent Naouri, Julie Fuchs, Cyrille Dubois ou encore Marc Labonnette… Et la mise en scène est signée Guy Cassiers, qui fait ses débuts à l’Opéra de Paris avec cette création donnée le 13 mars à Garnier.

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