10 (petites) choses que vous ne savez (peut-être) pas sur Jean-Philippe Rameau

Mis à jour le lundi 19 septembre 2016 à 18h26

Théoricien de la musique avant de composer ses plus grands œuvres, Jean-Philippe Rameau est l'un des plus fameux représentants de la musique dite "à la française". Voici 10 petites choses que vous ne saviez peut-être pas sur le compositeur dijonnais.

On croit souvent connaître Jean-Philippe Rameau : grand compositeur à la Cour de Versailles, auteur des Boréades, etc.. Et pourtant ce personnage plein de contradictions demeure un mystère, en témoignent les quarante premières années de sa vie, dont on sait finalement peu de choses.

* Il n’a jamais dépassé la classe de quatrième*

C’est le père Gauthier, enseignant au collège jésuite des Godrans à Dijon qui rapporte que le jeune Rameau “pendant les classes, chantait, ou écrivait de la musique et ne dépassa pas la quatrième ”. En 1697, le corps enseignant du collège demande à Jean Rameau de retirer son fils de l’établissement, celui-ci n’a alors que treize ans.

Il s’est engagé comme violoniste dans une troupe d’artistes milanais ambulants

Rameau s’est décidé à devenir musicien assez tardivement. C’est pourquoi ses parents l’envoient en Italie alors qu’il n’a que dix-huit ans pour se former à la musique. Sa première étape est Milan, pour autant il n’y reste que très peu de temps et intègre une troupe d’orchestre ambulante.

Il était extrêmement têtu et acariâtre

En témoigne l’anecdote suivante : alors organiste de la cathédrale à Clermont Ferrand, il écrit son Traité de l’Harmonie réduite à ses principes naturels. Néanmoins, il souhaite à nouveau voyager afin de perfectionner son art. Les Messieurs du Chapitre refusent de lui accorder son congé. Or pour faire plier ses employeurs, il attend le samedi de la Fête-Dieu pour tirer tous les registres de l’orgue et jouer faux jusqu’à obtention d’une autorisation d’absence.

* Il n’était pas particulièrement précoce*

Commençons par examiner l’âge auquel il s’est marié : quarante-deux ans. Peu après son installation définitive à Paris (lorsqu’il a 40 ans), il épouse Marie-Louise Mangot, 19 ans, qui est issue d’une famille de musiciens lyonnais, mais surtout, dont le père est symphoniste du roi et le frère musicien à la Cour.

De même, sa carrière en tant que compositeur ne décolle réellement qu’en 1733 alors qu’il a cinquante ans. Il s’agit de la tragédie lyrique Hippolyte et Aricie, dont le livret est écrit par l’abbé Simon-Joseph Pellegrin. Au même moment s’ouvre la Querelle des Anciens et des Modernes qui oppose les partisans de l’opéra français à la manière de Jean-Baptiste Lully et celui de Rameau.
Rousseau lui vouait une haine profonde

On ne peut évoquer la vie de Jean-Philippe Rameau sans parler de la Querelle des Bouffons dans laquelle il fut impliqué malgré lui. L'un de ses adversaires les plus virulents fut le célèbre Jean-Jaques Rousseau, non pas en tant que philosophe, mais en temps que compositeur. Rousseau arrive à Paris en1742 et rêve de gloire, tout comme Rameau dont il a étudié l'oeuvre passionnément. En 1744, le riche mécène de Rameau - Alexandre Le Riche de La Pouplinière - offre au compositeur en herbe l'opportunité de faire jouer son opéra, Les Muses galantes. Rameau consent à écouter la pièce de celui qui se présente comme son disciple mais déclare son oeuvre hétérogène, dont certains passages semblent venir "d'un ignorant qui ne savait même pas la musique ". Plus tard, c'est dans le domaine de la théorie que le genévois déchaînera toute sa haine, notamment dans les articles sur la musique qu'il publiera dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.

Il aimait le sol

Lors des représentations de ses oeuvres, il se cachait toujours dans une petite loge, à l’abri du public, parfois couché à même le sol pour ne pas être vu. Quant aux répétition de ses opéras, il s’asseyait seul sur le sol. Quiconque s'approchait pour lui parler se faisait éconduire par un silence et un geste de la main.

Il avait un physique que l’on pourrait qualifier d’atypique

En témoigne de nombreux amis et contemporains du musicien :
Rameau était d'une taille au-dessus de la médiocre, mais d'une maigreur singulière ; tous les traits de son visage étaient grands et annonçaient la fermeté de son caractère, ses yeux étincelaient du feu dont son âme était embrasée ; si ce feu paraissaît quelquefois assoupi, il se ranimait à la plus légère occasion, et Rameau portait dans la société le même enthousiasme qui lui faisait enfanter tant de morceaux sublimes… ”- Hugues Maret

Je le voyais venir à l'aide de la lorgnette : ce n'était plus qu'un long tuyau d'orgue en l'absence du souffleur. Après m'avoir meurtri les joues du choc des siennes, nous nous efforcions d'entrer le premier en conversation ; sa grosse voix lui donnait le pa s.”- Alexis Piron

Il était particulièrement avare

A sa mort ont été découverts près de deux cent quarante mille livres, dont un quart en espèce au fond d’un coffre. En revanche il ne détenait qu’une seule paire de souliers, ce qui est peu au regard des longues promenades qu’il effectuait quotidiennement, et l’on sait qu’il épargna pendant de longues années afin de prodiguer à sa fille une dot conséquente. Il venait également en aide financièrement à des artistes dont il reconnaissait le talent (comme Dauvergne ou Venevault).

*Il serait l’auteur du célèbre canon “Frère Jacques” *

frère jacques
frère jacques

"Frère Jacques", l'un des plus célèbres canons, aurait été composé par Rameau en personne. Vous trouverez dans cet article les résultats de notre investigation.

Il aurait jeté par la fenêtre un chien qui aboyait faux

« *Rameau, rendant visite à une belle dame, se lève tout à coup de dessus sa chaise, prend un petit chien qu’elle avait sur ses genoux, et le jette subitement par la fenêtre d’un troisième étage. La dame épouvantée : « Eh ! que faites-vous, monsieur ! — Il aboie faux, » dit Rameau en se promenant avec l’indignation d’un homme dont l’oreille avait été déchirée. * »- Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris - 1781

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