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Programmation musicale
Vendredi 14 mai 2021
3 min

Les musiques d'ambiance d'Erik Satie à Brian Eno

Aujourd’hui Max Dozolme nous parle des inspirations classique de Brian Eno, musicien particulièrement influencé par le courant minimaliste américain mais aussi par les musiques d’ambiance de Satie et une oeuvre célèbre de Pachelbel...

Les musiques d'ambiance d'Erik Satie à Brian Eno
Brian Eno : les richesses du minimalisme, © Wegner/ullstein bild via Getty Images

Un jour pluvieux de janvier 1975, Brian Eno se remet d’un accident de voiture qui le cloue au lit. Il regarde la chaîne hi-fi silencieuse et se décide à mettre un disque de harpe du 18e siècle que lui a apporté son amie Judy Nylon. Après avoir réussi non sans mal à mettre le vinyle sur la platine, Brian Eno se rend compte que le volume est très bas. Il ne se sent pas le courage de monter le son et les notes de la harpe se mêlent aux gouttes de pluie. Dans un demi-sommeil, il se laisse bercer par cette musique non-narrative, présente sans l’être vraiment, une musique d’ambiance qu’il théorisera mais qu’il n’a pas inventée.

En 1893, un Français un peu fantasque écrivait une musique répétitive censée représenter musicalement l’ambiance d’un cabinet préfectoral. Ce musicien c’est Erik Satie, le modèle des minimalistes américains tels que Cage, Riley, Glass, La Monte Young ou Adams. Satie, compositeur de pièces si pauvres qu’elles en deviennent géniales comme les Vexations et leur unique thème joué, sans broncher 840 fois ou encore ces Musiques d’ameublement, une tapisserie sonore, un carrelage phonique que l'on écoute d'une oreille seulement. Brian Eno se souviendra de cette œuvre en enregistrant en 1978 son album Ambient 1: Music for Airports.

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Une musique faite de nappes de synthétiseurs et de mélodies répétitives censées créer le calme et l’espace nécessaire à la détente ou à la réflexion. Ambient 1 : Music for airports est probablement le plus célèbre des disques de musique d'ambiance. Il s'agit d'un prolongement de Discreet Music (1975), l’album manifeste de l’ambient music selon Brian Eno où l’on peut entendre une réécriture, sous la forme de trois variations d'après leCanon en ré majeurde Pachelbel. 

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Dans ce disque, l’œuvre baroque est jouée par un orchestre à cordes dirigé par Gavin Bryars. Les sonorités du Cockpit Ensemble se mélangent dans un jeu d'écho, le temps est suspendu, de nouvelles harmonies apparaissent.

Finalement en 1975, le temps a opéré une rotation sur lui-même puisque des musiques d’ameublement du XIXe siècle et des harpes du XVIIIe siècle ont inspiré à Brian Eno une réécriture étonnante d’une œuvre baroque. Une esthétique planante qu’il développera aussi avec Low, Heroes et Lodger, trois disques de David Bowie et qui feront l'objet, à leur tour, de trois symphonies composées par Philip Glass.

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