Quand l’oeuvre de Bach rencontre les percussions africaines

Pour la dixième édition du festival Notes d’automne, le duo Choc et Fusion revient pour un concert le samedi 25 novembre à Perreux-sur-Marne. Virginie Robilliard et Thomas Guei mélangent les genres, entre musique baroque et percussions africaines.

Quand l’oeuvre de Bach rencontre les percussions africaines
Le duo Choc et fusion, © Marion Roux

Virginie Robilliard est violoniste classique, Thomas Guei est percussionniste, originaire de Côte d’Ivoire. Les deux artistes se sont rencontrés autour d’un projet original qui mêle la musique de Jean-Sébastien Bach aux percussions africaines. « On a monté ce duo Choc et Fusion avec une envie de créer une nouvelle manière d’aborder des styles différents de musique », raconte la violoniste. 

Elle vient d’un parcours classique mais a grandi dans une famille de musiciens où l’on touchait à tout : jazz, improvisation, musiques traditionnelles etc. « La musique africaine a toujours fait partie de ma vie, poursuit la musicienne, elle prend racine avec le rythme or le rythme c’est la base de tout ! On commence bien avec un cœur qui bat quand on naît ! »

De son côté, Thomas Guei a suivi une formation dans l’une des meilleurs écoles d’art de son pays natal, l’EDEC. Depuis, il évolue dans différents projets, mêlant la danse, le jazz, la musique latino et désormais la musique classique. « Quand j’étais plus jeune en Côte d’Ivoire, on avait une émission télévisée sur les châteaux qui était diffusée avec en fond la musique de Bach. Je ne connaissais pas du tout, je ne savais pas qui c’était mais ça me parlait déjà beaucoup ! », témoigne le percussionniste.

Bach est une musique universelle qui fonctionne très bien avec les rythmes africains.

Le lien entre la musique du compositeur baroque et les percussions africaines s’est fait naturellement selon Virginie Robilliard : « Bach est une musique universelle qui fonctionne très bien avec les rythmes africains. Dès la première répétition, cela nous a beaucoup fait rire et en même temps émerveillé à quel point ces deux univers se rencontraient bien. » Ainsi naissait leur duo.

Désormais, Thomas Guei magnifie la musique de Bach à l’aide de ses percussions traditionnelles africaines, notamment le Gloé, un des plus vieux instruments au monde, très peu joué. « Les seuls instruments dont je ne joue pas, ce sont les percussions mélodiques », raconte Thomas Guei qui ne lit pas la musique. Tout son travail avec Virginie Robilliard se fait au ressenti. 

Le percussionniste accompagne la violoniste parfois de manière très structurée « pour ne pas changer les phrases à chaque concert », ou parfois, au contraire, de manière totalement improvisée. Quant au choix des instruments pour accompagner le son du violon, c’est pareil, Thomas Guei le fait au feeling : « Aujourd'hui on a créé un nouveau morceau, j'ai tenté avec le Gloé mais c'était trop fort, ça ne me parlait pas trop, donc j'ai pris les bongos et là tout de suite ça passait mieux ! C'est de l'intuition. »

L’intuition, c’est ce qui guide ce duo hors norme. Même sur scène, les deux musiciens s’autorisent beaucoup de laisser-aller : « J'improvise et je chante aussi, ça vient comme ça… C'est important de travailler avec la magie, avec qui ce qui vient sur le moment. Il y a toute une partie où l'on travaille, où l’on structure mais on laisse une place à ce qui est présent le jour du concert car c'est ça qui est magique », explique Virginie Robilliard.

Les deux musiciens jouent sur scène mais se permettent aussi de chanter ou de danser. Un mélange des genres qui va au-delà de la fusion entre la musique classique et la musique africaine ; un mélange de cultures.