Australie : un orgue retrouve sa place après 111 ans

Installé dans un hôtel de ville à la fin du XIXème siècle, l'orgue de Beechworth, en Australie, avait été démonté en 1907. Une poignée de passionnés vient de retrouver l'instrument dans une église abandonnée.

Australie : un orgue retrouve sa place après 111 ans
L'orgue a été retrouvé dans une église abandonnée, © AFP / Klaus-Dietmar Gabbert / DPA

Il n'existe qu'un seul cliché permettant d'identifier l'instrument. Prise vers 1886, la photo en noir et blanc montre l'orgue encore installé à sa place initiale : l'hôtel de ville de Beechworth, en Australie. Plusieurs personnes prennent la pose devant. En 1907, l'orgue, mal entretenu, est vendu et démonté. Il disparaît alors pour 111 ans. C'est la découverte de la photo qui entraîne le début des recherches. Une association, la Beechworth Organ Society, est même créée, son président, Mark Stephens, y consacre beaucoup de temps.

Une vente aux enchères attire l'attention de l'association. Parmi les objets proposés se trouve un orgue, récupéré dans l'église anglicane St. Albans, à Melbourne. Le bâtiment, situé à 300 kilomètres de Beechworth, n'était plus fréquenté par les fidèles, son mobilier a donc été dispersé. Après comparaison avec l'ancien cliché, Mark Stephens reconnaît formellement l'orgue disparu. « Pour le récupérer, il a fallu participer à une vente aux enchères », explique-t-il. L'association acquiert l'instrument pour 6 000 dollars australiens. « Son retour est le point culminant de beaucoup de nuits blanches », se réjouit Mark Stephens.

Un facteur d'orgue inconnu

John Maidment, expert dans le domaine de l'orgue, pense que l'instrument a été déplacé plusieurs fois avant d'être oublié dans l'église St. Albans. « Il a fait l'objet de restauration il y a une trentaine d'années, mais il faut encore travailler dessus », poursuit-il. Le facteur d'orgue n'a pas été identifié, mais l'instrument constitué de 256 tuyaux, 66 touches et cinq jeux, a retrouvé sa place à l'hôtel de ville de Beechworth, entre deux colonnes, exactement où il se trouvait lorsque photo a été prise. 

Jouer dessus, « c'est comme revivre l'histoire », explique Sandra Williams, une organiste de la ville qui a pu faire le faire résonner à nouveau. Elle a déjà des projets musicaux avec l'orgue, car « je ne veux pas qu'il soit juste un ornement, il faut l'utiliser, l'apprécier et le partager », a-t-elle conclu.